On le savait dans un siège éjectable, mais personne ne s’y attendait de sitôt, et la manière interroge aussi les observateurs de la vie politique. Jamais dans l’histoire récente de notre pays, un chef du parquet n’aura si peu duré dans son poste. Nommé en novembre 2024, Abdou Ismaila puisque c’est de lui qu’il s’agit, est prié 9 mois plus tard de plier bagages. Comble du désarroi pour l’ancien PR près tribunal de première instance de Moroni, le décret signé par le chef de l’Etat ne porte aucunement, mention de son point de chute comme le veut l’usage en pareil cas.
L’annonce est tombée comme un couperet pour l’ancien Procureur de la République. Certains connaisseurs des arcanes du pouvoir et du palais d’Etat de Beit-Salam en particulier disent que la mauvaise nouvelle de son remplacement lui aurait été signifiée du moins annoncé le dimanche 24 aout. La mine qu’il avait lors des célébrations du Maulid Nabawi de l’AND, en disait long pour justifier les interprétations de notre source. Ce qui est sûr, le décret sorti le lendemain ne souffrait d’aucune équivoque. « Monsieur Elamine Saïd Mohamed, Magistrat matricule N° 88 476 X, précédemment juge d’instruction au tribunal de première instance de Moroni, est nommé Procureur de la République près dudit tribunal en remplacement de Monsieur Abdou Ismael. », peut-on lire.
De l’affaire tragiquement célèbre de la jeune Hikimat, en passant par l’histoire récente des audio réels ou supposés visant certains hauts gradés de l’armé et même du procureur, l’ancien chef du parquet aura passé 9 mois au palais de justice de Moroni. Si aucune justification n’a jusqu’à maintenant été avancée pour expliquer son limogeage, nombre d’observateurs lui reprochent une gestion erratique des dossiers. D’autres avancent qu’il serait, le maillon faible dans la chaine et qu’il a servi de fusible pour protéger certains.
En tout état de cause, ce limogeage renvoie une image peu reluisante de la justice et donne l’impression que les nominations des hauts magistrats ne reposeraient pas sur des critères solides de probité comme l’exige le statut de la magistrature. Quelque part, et même si cela relève du symbolique, l’opinion serait en droit de se poser la question de savoir si les nominations ou révocations sont vraiment fondées sur le droit ou le mérite, ou sont-elles au contraire décidées au gré des considérations de rapport de force politiques, ou autres. En attendant, la population replonge dans les spéculations, et chacun y va de son commentaire. C’est le principe même d’indépendance des magistrats qui interpelle ceux qui ont la charge d’y veiller avec rigueur.
Imtiyaz
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