La Gazette

des Comores

La commission de l’UA condamne les déclarations racistes

La commission de l’UA condamne les déclarations racistes © : HZK-LGDC

La commission de l’Union Africaine sort enfin du silence face à la montée de la xénophobie en Tunisie. Le président de la Commission Moussa Faki a par un communiqué de presse publié le 24 février, condamné les déclarations racistes des autorités tunisiennes contre les africains subsahariens.


Il n’est pas tard pour bien faire. La Commission de l’Union Africaine sort enfin de son mutisme pour condamner la tournure raciste qu’a pris le discours du président tunisien Kaïs Saïed contre les migrants subsahariens. Dans un communiqué de presse publié le vendredi 24 février, le président de la commission de l’UA a condamné « fermement les déclarations choquantes faites par les autorités tunisiennes contre des compatriotes africains, qui vont à l’encontre de la lettre et l’esprit de notre organisation et de nos principes fondateurs. »

D’après le communiqué, le représentant permanent de la Tunisie accrédité auprès de l’UA a été reçu par la vice-présidente de la commission et la commissaire de l’UA pour la santé, les affaires humanitaires et le développement social pour lui exprimer les vives inquiétudes de l’organisation quant à la forme et au fond de la déclaration ciblant des compatriotes africains nonobstant leur statut légal dans le pays.

« Le président rappelle à tous les pays, en particulier aux États membres de l’UA, qu’ils doivent honorer les obligations qui leurs incombent en vertu du droit international et des instruments pertinents de l’UA, à savoir traiter tous les migrants avec dignité, d’où qu’ils viennent, s’abstenir de tout discours haineux à caractère, raciste, susceptible de nuire aux personnes, et accorder les priorités à leur sécurité et leurs droits fondamentaux », souligne le document.

À en croire ce dernier, le président Moussa Faki a réitéré l’engagement de la commission de l’UA à soutenir les autorités tunisiennes en vue de la résolution des problèmes de la migration afin de la rendre sûre, digne et régulière. Le président de la Tunisie Kaïs Saïed a suscité l’émoi mardi dernier en recourant à une rhétorique complotiste et xénophobe contre les migrants africains subsahariens lors d’une réunion d’un conseil de sécurité nationale.

Dans son intervention, le président Kaïs a prôné des mesures urgentes contre l’immigration clandestine des africains subsahariens et dont, d’après toujours le président tunisien leur arrivée massive transforme son pays en « un pays africain seulement et estomper son caractère arabo-musulman ». Selon-lui cette immigration de l’Afrique subsaharienne « est une entreprise criminelle, ourdie à l’orée de ce siècle pour sciemment modifier la composition démographique de la Tunisie ».

Face à la tournure diplomatique qu’a prise ce discours identitaire dangereux, le ministre tunisien des affaires étrangères, Nabil Ammar tente depuis, d’étreindre l’incendie en rencontrant les ambassadeurs de plusieurs pays africains. Un geste visant à rassurer la communauté internationale sur la situation et sauver l’image de son pays fortement écornée par des propos racistes. Le chef de la diplomatie tunisienne a souligné lors cette rencontre « l’importance de l’immigration régulière et réaffirmé la volonté de la Tunisie de continuer à encourager la circulation légale dans l’espace africain et dans le reste du monde », rapporte le journal, la Nouvelle Tribune.

Maoulida Mbaé

 


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