Les polémiques enflent à deux jours de l’arrivée de la dépouille de l’homme d’affaires et ancien vice-président de l’Assemblée Mohamed Djaanfari décédé en France le 21 février. Selon un communiqué attribué à sa famille, cette dernière met à l’honneur l’opposition pendant les obsèques qui devront avoir lieu vendredi à Ndzouani, et invite poliment le gouvernement à ne se contenter que des strapontins.
Décédé en France le 21 février à l’âge de 68 ans, l’ancien vice-président de l’Assemblée sera inhumé le vendredi 28 février prochain. A l’aéroport international de Hahaya, une prière mortuaire aura lieu avant le transfert du corps à Anjouan où il sera inhumé dans son village natal. Selon le communiqué publié hier 25 février, l’ancien gouverneur de Ngazidja et président du Cnt, Mouigni Baraka, est désigné par la famille du défunt pour diriger la prière de cette figure de proue de l’opposition tant au niveau régional que national.
A Anjouan, avant la levée du corps pour le cimetière, la prière mortuaire sera dirigée par Cheick Faissoil Soidr tandis que Mouigni Baraka, encore, sera chargé de prononcer les invocations en faveur du défunt. Par ces choix, la famille de M. Djanfari décide d’écarter le gouvernement des funérailles de l’opposant. « Le président de l'union des Comores et les autorités nationales sont également bienvenus sans prise de parole ou sans vouloir diriger les prières ou les douans », prévient le communiqué. Le cadre de l’opposition Hamidou Karihila, le mouvement Ndzuani en marche dont le défunt est membre fondateur, sont cités comme invités d’honneur à ce dernier hommage d’un des leurs.
Ancien militaire de l'armée de l'air française durant 26 ans et 9 mois, à l'issue de ses états de services marqués par de nombreuses expériences opérationnelles qui ont servi également à notre Nation (Tchad - Rwanda - Ex-Yougoslavie), Mohamed Djaanfari était un armateur de renom aux Comores avec ses deux sociétés « Ville de Sima » et « El Djaanfari », basées dans le transport maritime des passagers entre les îles.
Il a été élu député et est devenu vice-président de l'assemblée nationale de l'union des Comores de 2004 à 2009. Candidat à la magistrature suprême en 2006, il s'est qualifié à la primaire. A l’arrivée d’Azali Assoumani au pouvoir en 2016, l’homme d’affaires s’est retranché dans l’opposition et s’opposait farouchement au referendum constitutionnel de juillet 2018. Très attaché à l’Accord de Fomboni de 2001, Mohamed Djaanfari est membre fondateur de Ndzouani en marche, un mouvement qui revendique exclusivement la Tournante à Anjouan en 2021.
Ibnou M. Abdou
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