La Gazette

des Comores

La Grande Nuit de l’Oralité: Un hommage vibrant au patrimoine immatériel

La Grande Nuit de l’Oralité: Un hommage vibrant au patrimoine immatériel © : HZK-LGDC

La quatrième édition du Festival International Bangwe de l’Oralité a connu son apothéose le vendredi 20 juin 2025, à Moroni. Entre slam, contes, chants traditionnels et performances engagées, le public a vibré au rythme des voix venues des Comores et d’ailleurs.


La salle de l’Alliance française de Moroni était pleine à craquer le 20 juin dernier, pour la Grande Nuit de l’Oralité, point culminant du Festival International Bangwe de l’Oralité (FIBO). Un moment attendu où se sont mêlées différentes formes d’expressions orales à savoir le slam, contes, chants bora, chiduwantsi, et autres genres oratoires porteurs de l’identité culturelle comorienne. « Cet événement s’est bien passé et en termes de résultats, je peux dire qu’on a atteint 90% de nos objectifs. Outiller les associations culturelles, permettre aux slameurs locaux de s’ouvrir à de nouvelles formes… c’est réussi ! » a confié Rahim El Had Ahamada, président de l’association Kam’Art Culture, organisatrice du festival.

Les artistes ont rivalisé de talent pour faire passer des messages forts. Géré El-Mourad, slameur engagé, a ému la salle avec son texte Ngazidja yangu : « Je l’ai écrit pour rappeler la paix. Nous vivons des moments difficiles, avec des divisions. Je veux inviter chacun à s’unir, car nous avons le même sang, la même religion, nous sommes frères et sœurs. » De son côté, Khadim Bamba Dia, invité sénégalais, a offert une prestation intitulée La République des gens heureux. « Le message que nous sommes venus lancer, c’est une Afrique solidaire, une humanité solidaire. Nous sommes tous des êtres humains avant tout. » Son passage sur scène, empreint d’humanité et d’espoir, a marqué les esprits. Dans la salle, les spectateurs saluent un moment rare. Zaharia Ahamada, enseignante venue avec ses élèves, partage son enthousiasme. « C’était une soirée très riche. J’ai aimé la diversité des intervenants et la force des messages. Cela fait du bien d’entendre des paroles qui nous rassemblent. » Même son de cloche que Hachim Soilihi, jeune passionné d’art oratoire. « On sent que ce festival redonne vie à nos traditions. Les artistes ont vraiment réussi à allier l’authenticité et la modernité. »

Pour Rahim El Had Ahamada, cette quatrième édition confirme que l’oralité a encore toute sa place dans le paysage culturel comorien. « La Grande Nuit de l’Oralité, c’est le grand spectacle de clôture, l’espace où notre patrimoine immatériel prend toute sa dimension. » Le festival se veut également un tremplin grâce aux ateliers proposés cette année, vingt participants ont été formés à la rédaction de projets culturels et à la gestion associative, bien au-delà des quinze initialement attendus. Un signal positif pour l’avenir. La Grande Nuit de l’Oralité 2025 aura ainsi su conjuguer enracinement et ouverture, mémoire et modernité, dans une atmosphère où l’art s’est fait passerelle entre les peuples.

Mohamed Ali Nasra

 


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