Le projet de loi portant statut de l’opposition politique en Union des Comores a été adopté à l’assemblée nationale. Pour l’Union de l’opposition, « cette adoption ne changera en rien la nature dictatoriale du pouvoir d'Assoumani Azali ».
Pour la première fois dans l’histoire, l’opposition comorienne se voit doter d’un statut juridique. En étude depuis les Assises nationales de février 2018, le texte se veut la marque d’une avancée d’une démocratie, d’une bonne gouvernance et de la consolidation des institutions démocratiques, qui demeurent un véritable casse-tête pour les politiciens du pays. Au-delà du rôle reconnu à l’opposition, ce statut va permettre à cette dernière, dans un cadre plutôt légal, d’accomplir avec efficacité ses missions, notamment celle de proposer une alternative au gouvernement pour la satisfaction des besoins du peuple, au développement de l’Etat et la cohésion de la nation. Désormais en tant qu’acteur de la vie politique, elle jouera la carte de détenteur de pouvoirs critiques et contre-projets et enfin de faire valoir leurs droits et de déterminer leurs décisions.
Si cette nouvelle réjouit certains, ce n’est pas le cas de l’Union de l’opposition qui parle d’un non-évènement. Selon Ahmed Hassane Elbarwane, secrétaire général du parti Juwa, le principal parti de l’opposition, la classe politique, du moins l’opposition, a été mise devant le fait accompli. « Nous n’avons pas été consultés, et nous ne savons pas comment ni quand cette loi sera appliquée. En effet, il devrait y avoir un travail préparatoire, ce qui n’a pas été le cas. Décidément, la marginalisation de l’opposition a encore des beaux jours devant elle », déplore-t-il.
De son côté, l’ancien candidat à la présidentielle de 2019, Me Ahamada Mahamoud fait savoir que cette adoption du statut de l'opposition politique « ne changera en rien la nature dictatoriale du pouvoir d'Assoumani Azali ». « Il peut toujours se tailler à sa mesure ce qu'il peut appeler "opposition politique" ou "opposition démocratique" voire "opposition » tout court, mais quel que soit le qualificatif qu'il donnera à son opposition, ce n'est pas celui-là qui fera de lui un démocrate ou qui lui donnera une quelconque légitimité aux yeux de la population comorienne. Sa présidence est et reste un échec. Assoumani Azali est un tyran et le restera pour l'éternité. Jamais dans l'histoire du monde, un tyran ne s'est transformé en démocrate et ce n'est pas le vote dudit statut qui fera de lui ce qu'il n'est pas », martèle-t-il. Rappelons que lors du dialogue national où l’idée du projet de loi est née, l’Union de l’opposition a préféré faire la politique de la chaise vide estimant que le dialogue n’était pas inclusif.
Andjouza Abouheir
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