Depuis hier, l’hôtel Retaj, accueille un événement majeur pour l'avenir de son économie bleue. L'atelier national de consultation et de validation sur l'alignement des politiques de pêche et d'aquaculture a été officiellement ouvert par le Secrétaire Général du Ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Artisanat.
Soutenu par l'Union africaine (UA-BIRA), la FAO et la Délégation de l'Union européenne, ce rassemblement de trois jours s'inscrit pleinement dans la mise en œuvre de la 2ème phase du projet FishGov (FishGov2). L'objectif est d'harmoniser les cadres nationaux avec le Cadre politique et stratégie de réforme de la pêche et de l’aquaculture en Afrique (CPSR/PFRS). Dans son allocution, le Secrétaire Général a d'emblée rappelé l’ancrage historique, culturel et économique profond de l’Union des Comores avec son environnement marin : « Pour les Comores, la pêche est bien plus qu’une simple activité économique. » En tant qu’État insulaire disposant d’une Zone économique exclusive (ZEE) estimée à environ 160 000 km², l'archipel fait face à une double réalité : un potentiel considérable d’opportunités liées à l'économie bleue, mais aussi une responsabilité majeure quant à la gestion durable et responsable de ses ressources.
Le Secrétaire Général a illustré l'importance vitale de ce secteur à l'aide de données clés. Alors que la production nationale moyenne avoisine 20 000 tonnes de ressources halieutiques par an, la consommation annuelle locale de poisson s'élève à environ 29 kg par habitant. Ce chiffre, largement supérieur à la moyenne africaine qui se situe à environ 11 kg, démontre à quel point les ressources marines jouent un rôle hautement stratégique et irremplaçable dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages comoriens. Cependant, ce patrimoine précieux fait face à des menaces structurelles et environnementales sévères. L'allocution a mis en lumière des défis cruciaux, notamment la pression exercée sur les ressources, la dégradation des écosystèmes, l'insuffisance des infrastructures, les pertes après capture et les difficultés d'accès aux équipements et financements.
À ces obstacles s'ajoutent les impacts dramatiques du changement climatique (hausse des températures de l'eau, dégradation des habitats), qui menacent directement les revenus et les moyens de subsistance des communautés de pêcheurs. Pour surmonter ces écueils, le Secrétaire Général a martelé que l’exercice de consultation ne devait pas être une « simple formalité administrative » visant seulement à aligner des documents. L’alignement sur le CPSR/PFRS et l’intégration de la pêche dans les Plans nationaux d’investissement agricole (PNIA) s'avèrent indispensables pour mobiliser les financements nécessaires, notamment pour la chaîne du froid, la transformation et le développement d’une aquaculture durable.
Enfin, concernant l'adoption des instruments internationaux pertinents, il a prôné une approche pragmatique : l'enjeu ne réside pas uniquement dans la ratification, mais dans la capacité réelle de mise en œuvre à travers un cadre juridique adapté et des institutions dotées de compétences et de moyens adéquats. En conclusion, le Secrétaire Général a appelé à un dialogue franc et à une collaboration élargie entre l'État, les professionnels du secteur, les chercheurs, le secteur privé et la société civile. Il a formulé le souhait pressant que les recommandations issues de ces journées de travail se traduisent par des décisions concrètes et des actions de terrain mesurables, afin de bâtir une pêche comorienne plus forte, résiliente et créatrice de valeur pour les générations futures.
Mmagaza
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