La Gazette

des Comores

La situation des travailleurs étrangers à Mohéli : « Le chantage de certains employeurs envers les expatriés est inadmissible »

La situation des travailleurs étrangers à Mohéli : « Le chantage de certains employeurs envers les expatriés est inadmissible » © : HZK-LGDC

Face à la multiplication des litiges entre employeurs comoriens et travailleurs étrangers à Mohéli, la commissaire de police chargée des questions migratoires, Mifouza Tamadoune Bacar, appelle au respect strict des contrats de travail et de la législation en vigueur. Dans un entretien accordé à La Gazette des Comores, elle dénonce des pratiques abusives qui fragilisent les droits des expatriés et compliquent la gestion des dossiers par les services de migration.


Dans un contexte où plusieurs secteurs d’activité de l’île, notamment la restauration, l’hôtellerie, la menuiserie et le commerce, font appel à une main-d’œuvre étrangère, les services de migration de Mohéli sont régulièrement confrontés à des différends entre employeurs et employés expatriés. Selon la commissaire de police Mifouza Tamadoune Bacar, chargée du suivi des étrangers vivant sur l’île, ces conflits trouvent souvent leur origine dans le non-respect des engagements contractuels conclus au moment du recrutement. « Très souvent, les contrats signés au départ ne sont plus respectés. Certains employeurs considèrent qu’ils peuvent imposer leurs propres règles sous prétexte qu’ils sont chez eux. Ce type de comportement n’est pas acceptable », déplore-t-elle.

La responsable rappelle que les obligations contractuelles s’imposent aussi bien aux employeurs qu’aux travailleurs étrangers. Elle insiste notamment sur la responsabilité des employeurs lorsqu’ils décident de faire venir un salarié de l’étranger. « Si l’employeur estime que le travailleur ne respecte pas ses engagements et souhaite mettre fin au contrat, il doit assumer l’ensemble des frais liés à son retour dans son pays d’origine. C’est lui qui a organisé sa venue aux Comores », souligne-t-elle. La commissaire évoque également des situations préoccupantes où certains étrangers travaillent pendant plusieurs années sans disposer d’un titre de séjour régulier, parfois avec plusieurs mois d’arriérés de salaire. Lorsque les tensions éclatent, les travailleurs réclament le paiement de leurs salaires impayés et le respect de leurs droits, tandis que certains employeurs sollicitent leur expulsion.

« Notre mission est de faire respecter les textes en vigueur ainsi que les droits humains, qu’il s’agisse d’un citoyen comorien ou d’un étranger. La loi s’applique à tous sans distinction », rappelle-t-elle. Profitant de cette occasion, Mifouza Tamadoune Bacar a également lancé un appel aux clubs de football qui recrutent des joueurs étrangers. Elle les invite à signaler aux services de migration tout changement de situation concernant ces sportifs. « Lorsqu’un joueur étranger recruté sous contrat souhaite rejoindre une autre équipe, le club qui l’a fait venir doit informer les services compétents afin d’être officiellement déchargé de ses responsabilités à son égard », précise la commissaire. À travers ce message, les autorités entendent promouvoir une meilleure protection des travailleurs étrangers tout en renforçant le respect de la réglementation migratoire aux Comores.

Riwad

 


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