72 heures après la hausse des prix du carburant, la société civile et les organisations syndicales appellent à un rassemblement populaire contre la vie chère ce samedi 04 juin à la place de l’indépendance.
Tout comme la FCC, les organisations de la société civile, notamment Ngo’shawo, la CTC, citoyennes militantes et artistes appellent à un rassemblement populaire ce samedi 04 juin à 9 heures à la place de l’indépendance. « Nous appelons tous nos frères et sœurs comoriens dans tout l’archipel à protester. Solidaires des mouvements en cours et à venir notamment de l’appel à la grève lancé ce jour sur la ligne Mbude - Mitsamiouli, nous appelons à un rassemblement populaire contre la vie chère », lit-on dans un communiqué conjoint de la société civile. Cette hausse est décidée par le gouvernement dans un contexte socio-économique déjà difficile, où le pays sort d’une longue période de crise qui a affecté et endeuillé de nombreuses familles.
Une hausse de prix sans précèdent de 25 à 44% sur les produits pétroliers. Les répercussions de cette hausse commencent à se faire ressentir dans toute la sphère économique et n’épargne aucun foyer. « Nous n’avons pas encore la mesure de l’onde de choc que va causer cette décision mais elle devrait être profonde et durable dans de nombreux secteurs comme la pêche, les boulangeries, l’électricité, les importateurs de produits carnés, les unités de concassage, les camions, etc. », souligne-t-il.
Face à une mesure aussi grave, le peuple mérite des réponses. « Il y a à peine 8 mois, la SCH déclarait 11 milliards KMF d’excédent, pourquoi et comment l’entreprise est-elle passée à 6 milliards de perte depuis ? Comment les Comores sont-elles passées de 1,2 milliards de bénéfice par bateau avant la crise, à 1 milliard KMF de perte aujourd’hui ? Pourquoi ces bénéfices record de l’époque ne servent-ils pas aujourd’hui à passer cette crise », s’interrogent les auteurs de cet appel.
Ces organisations déplorent le manque de considération à l’endroit du peuple. « Le gouvernement justifie cette hausse par l’augmentation du coût d’approvisionnement. Mais on ne sait pas où ni comment se fournissent les Comores, et pourquoi une telle opacité autour de notre circuit d’approvisionnement », se demandent-elles, avant de préciser que le rôle de l’Etat est de protéger son peuple et créer les conditions pour une vie meilleure et ce, quoi qu’il en coute.
A l’heure où nous mettions sous presse, les autorités politiques n’avaient pas encore réagi à cet appel au rassemblement de protestation de demain samedi, même si certains observateurs n’excluent pas une interdiction préfectorale, comme cela est devenu la pratique en dehors de périodes de campagne électorale. Dans le cas d’une interdiction, les organisateurs du rassemblement maintiendront-ils leur mot d’ordre ?
Andjouza Abouheir
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC