L’ANRTIC vient d’attribuer les fréquences 5G aux deux principaux opérateurs de télécommunications du pays, Comores Telecom et Yas Comores, marquant une étape décisive dans la modernisation du secteur numérique national. Toutefois, cette avancée soulève de nombreuses interrogations quant à la qualité de la 4G sur l’ensemble du territoire.
La cérémonie de signature des licences s’est tenue jeudi 15 mai dernier à Moroni, en présence du directeur général de l’ANRTIC et des directeurs généraux des deux opérateurs, Ali Hadji pour Comores Telecom et Christophe Olivier pour Yas Comores. Cette décision fait suite à un processus d’évaluation technique et réglementaire conduit par l’Autorité nationale de régulation des TIC, visant à garantir la capacité des opérateurs à déployer une infrastructure 5G conforme aux normes internationales. La 5G, cinquième génération des réseaux mobiles, promet une connectivité ultra-rapide, une latence réduite et une capacité réseau accrue. Son introduction aux Comores représente une opportunité majeure pour stimuler l’innovation, attirer les investissements et améliorer l’accès aux services numériques dans des secteurs clés tels que la santé, l’éducation, l’agriculture et l’administration publique.
Cependant, nombreux sont ceux qui s’interrogent encore sur la couverture effective de la 4G sur l’ensemble du territoire. L’Association comorienne des consommateurs des TIC tient à féliciter Comores Telecom, opérateur historique, pour sa prompte acquisition des fréquences auprès du régulateur, l’ANRTIC. Elle salue également la réactivité de Yas Comores qui, en suivant le mouvement, a officiellement lancé la 5G ce vendredi 16 mai 2025. « Toutefois, l’ACTIC se doit de souligner que les récents résultats de l’enquête sur la qualité des services de télécommunications, menée par le régulateur, révèlent des performances insatisfaisantes. Les opérateurs sont encore loin d’atteindre les seuils fixés par leurs engagements contractuels et réglementaires, notamment en ce qui concerne la qualité de la voix, des SMS, de la transmission de données et de la couverture radio, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Les consommateurs ont d’ailleurs récemment subi de sérieuses perturbations du réseau et des difficultés d’accès à la connexion », souligne l’association dans un communiqué publié après l’attribution des fréquences.
Aujourd’hui, les Comoriens restent toujours sur leur faim quant à la couverture des réseaux 2G, 3G, 4G et 4.5G. Des signes de faiblesse et d’instabilité persistent. « L’ambition de passer à la 5G, bien que réjouissante pour les consommateurs que nous sommes, interpelle. L’ACTIC appelle les opérateurs à une vigilance accrue afin que le déploiement de cette nouvelle technologie ne se fasse pas au détriment des efforts attendus par le régulateur pour améliorer significativement la qualité des services mobiles existants. L’instabilité actuelle des réseaux dans certaines zones soulève des questions légitimes quant à l’accessibilité et la disponibilité futures de la 5G pour le plus grand nombre », poursuit le communiqué.
Dans les places publiques, les foyers et les bureaux, on ne parle que de la 5G. « Comment peut-on lancer la 5G alors qu’on n’arrive même pas à stabiliser la 4.5 dans la capitale ? », s’interroge Said Hamidou, gérant d’un cybercafé. De son côté, Hamidou Mhoma, gérant de Graphica, reconnaît une avancée majeure mais exprime quelques réserves : « Par exemple, pour Yas Comores, la couverture ne concerne même pas tout Moroni, mais seulement une partie. Cela pourrait, dans un premier temps, être une technologie discriminante. Ensuite, il faut également soulever la problématique des anciennes technologies – 2G, 3G, 4G – qui peinent encore à se stabiliser pour les deux opérateurs. »
Sur les réseaux sociaux, le débat fait rage. Les internautes se demandent pourquoi passer à la 5G alors que les Comoriens cherchent encore désespérément un signal 4.5G. « Nous méritons vraiment de mourir esclaves pour toujours. Une nation où tout le monde peut venir nous faire souffrir, sans que cela ne nous touche. Si vous réalisiez à quel point les réseaux YAS et HURI sont mauvais, vous ne pourriez pas soutenir leurs mensonges », peut-on lire dans un commentaire. Il est à rappeler que l'instabilité actuelle des réseaux dans certaines zones soulève des questions légitimes quant à l’accessibilité et la disponibilité futures de la 5G pour le plus grand nombre. De plus, l'acquisition des terminaux compatibles représentera un investissement non négligeable pour les consommateurs.
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