L’opération “Moroni Urahafu”, lancée à Moroni le 15 juin dernier, va bien au-delà d’une simple campagne de nettoyage. En mobilisant jeunes, femmes, commerçants et élus, la mairie entend faire de l’hygiène urbaine un pilier du vivre-ensemble et de la dignité sociale.
À Moroni, ce ne sont pas seulement les rues qu’on nettoie. C’est une vision du civisme, du respect mutuel et du rôle de chacun dans la construction d’un cadre de vie digne qui se réinvente. Avec le lancement officiel du mouvement “Moroni Urahafu”, littéralement “Moroni propre” la capitale ouvre un nouveau chapitre, à la fois symbolique et structurant. La cérémonie de lancement, tenue à la place des Banques, a rassemblé plusieurs personnalités publiques, dont le ministre de l’Intérieur Mohamed Ahmed Assoumani, la députée de Moroni-Nord Mohamed Ali Charifa, le maire Omar Mohamed et son premier adjoint Abdoulatuf Ibrahim. Tous ont salué une initiative qui dépasse le simple ramassage d’ordures. « C’est la première fois depuis l’indépendance que des agents municipaux sont officiellement affectés à l’assainissement des ruelles de Moroni. C’est un acte fort, porteur de symbole », a souligné le ministre de l’Intérieur.
Mais l’ambition du programme va bien plus loin. Moroni Urahafu veut transformer la manière dont les habitants perçoivent leur environnement et leur rôle dans sa préservation. Pour le maire, il ne s’agit pas seulement de rendre la ville plus propre, mais de responsabiliser chacun face à ses gestes quotidiens. « Jeter ses déchets dans les dépotoirs ou attendre le passage des motobennes, c’est un acte simple mais essentiel. C’est une responsabilité collective que nous devons tous assumer », a rappelé Omar Mohamed.
Sur le terrain, cette dynamique citoyenne prend vie. Les jeunes, les femmes, les commerçants souvent en première ligne, participent activement aux opérations de nettoyage. Pour la députée Mohamed Ali Charifa, cette mobilisation populaire est une forme d’intégration sociale à part entière, qui redonne de la valeur au travail des agents municipaux. « Vous êtes des salariés à part entière de la mairie, et vous pouvez en être fiers », a-t-elle déclaré à l’adresse des équipes d’assainissement, appelant les citoyens à soutenir massivement le mouvement. L'opération, qui a débuté par le nettoyage des grands axes – d’Egt à Hamramba, en passant par Pangadju et Caltex – s’étendra à l’ensemble des quartiers dans les deux mois à venir. Un volet spécifique est également consacré à la libération de l’espace public, notamment en ce qui concerne les carcasses de véhicules abandonnés.
« Des avis ont été envoyés aux propriétaires. Passé le délai, la mairie procédera à l’enlèvement aux frais des concernés », a averti le maire. Au-delà des actions concrètes, “Moroni Urahafu” se veut le catalyseur d’une nouvelle culture urbaine, où chaque citoyen devient acteur du bien commun. Une vision que partage la députée de Moroni-Nord, qui voit dans cette initiative un écho direct à l’ambition du chef de l’État de faire des Comores un pays émergent. « L’émergence passe aussi par un cadre de vie digne, des rues propres et une société qui se respecte. À travers cette campagne, la mairie offre une nouvelle forme de citoyenneté. C’est un autre visage de Moroni qui est en train de naître », a-t-elle conclu.
Avec “Moroni Urahafu”, nettoyer sa ville devient plus qu’un acte d’entretien : c’est un geste de solidarité, de responsabilité et de fierté collective. Une manière de bâtir, ensemble, une ville plus propre, plus juste… et plus humaine.
Mohamed Ali Nasra
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