Le ministère des Finances, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), a lancé le lundi 16 décembre un atelier de trois jours, d’évaluation des politiques fiscales en faveur du développement durable. Prévu jusqu’au 18 décembre, ces séances visent à aligner les politiques fiscales nationales sur les Objectifs de Développement Durable (ODD) à l’horizon 2030.
Lors de l’ouverture des travaux, le secrétaire général du ministère des finances, Mohamed Affane a mis en avant le rôle central de la fiscalité dans la réalisation des ambitions portées par le Plan Comores Émergent (PCE) lancé en 2019 par le Président Azali Assoumani. « Les impôts ne représentent pas uniquement une source de revenus pour l’État, mais sont aussi un outil majeur pour orienter les politiques économiques et sociales, tout en promouvant l’équité et la justice », a-t-il déclaré. Il a expliqué que le Cadre Fiscal des ODD (STF) constitue une opportunité pour réaliser une évaluation approfondie des politiques fiscales en place et pour réorienter les mécanismes financiers vers des objectifs de développement inclusif et durable. « Cette initiative, en lien direct avec le PCE, permettra à l’État de mobiliser davantage de ressources afin de soutenir les nombreux projets de développement prévus dans la stratégie nationale », a-t-il confié.
En s’exprimant sur l’ambition du Chef de l’État, il a rappelé que l’objectif est d’intégrer l’Union des Comores parmi les pays émergents. D’où la nécessité d’apporter des changements structurels significatifs au sein des institutions responsables du financement du développement. Ces transformations doivent permettre au pays d’atteindre une économie compétitive, diversifiée et innovante. Le secrétaire général n’a pas manqué d’encourager les participants à œuvrer pour des résultats concrets au terme de cet atelier : « cette rencontre est une étape cruciale qui, grâce à l’engagement de toutes les parties prenantes, bénéficiera directement à la population comorienne et à l’ensemble des acteurs du développement ».
Quant à Vera Hakimi, Représentante Résidente adjointe du PNUD, elle a exprimé sa fierté et son engagement à soutenir les Comores dans l’amélioration de leurs politiques fiscales. Selon elle, cet atelier offre un cadre technique et collaboratif pour identifier des solutions fiscales adaptées aux spécificités du pays, tout en s’assurant qu’elles contribuent à l’atteinte des ODD. « Durant ces trois jours, les participants auront l’occasion de réfléchir ensemble aux forces et aux faiblesses du système fiscal actuel. Ce travail permettra d’identifier des mesures concrètes pour aligner les politiques fiscales avec les priorités nationales et les besoins de développement. Les experts du PNUD partageront leurs connaissances et leurs expériences pour appuyer ces travaux », a-t-elle souligné.
Un point clé de son intervention a porté sur l'intégration de la dimension genre dans les politiques fiscales. « Il est essentiel d’adopter une approche sensible au genre afin de réduire les inégalités sociales et économiques. En ajustant les politiques fiscales pour répondre aux besoins spécifiques des femmes et des hommes, nous pourrons favoriser une participation équitable à l’économie nationale et renforcer l’autonomisation des femmes », a-t-elle ajouté, insistant sur le caractère indispensable de cette démarche pour assurer une croissance inclusive et durable. Il convient de souligner que cet atelier, organisé conjointement par le ministère des Finances et le PNUD, constitue une opportunité pour repenser les politiques fiscales en tant que levier de développement. Il s’inscrit dans la dynamique du Plan Comores Émergent et des ODD, tout en prenant en compte les priorités nationales et les réalités socio-économiques du pays.
Mohamed Ali Nasra
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