Lors d'une conférence débat organisée le 15 juin dernier, au centre national de documentation et de recherche scientifique (Cndrs), le professeur Moussa Saïd Ahmed et le docteur Mouhssini Hassane El Barwane ont retracé l'histoire des Comores sous le thème « Identité et politique, cahier retour aux sources du patrimoine national », dans le but d'essayer d'apporter une lumière sur l'épineuse question de Mayotte à travers la fameuse opération Wuambushu.
D’entrée, le professeur Moussa Saïd considère que l’opération Wuambushu destinée à expulser des milliers de comoriens de Mayotte est une humiliation pour les Comores, devant une assemblée constituée par des étudiants, des anciens ministres et des enseignants chercheurs. « Comment les comoriens peuvent-ils être considérés comme des clandestins dans leur territoire, se demande-t-il. Il s'agit d'une violation des droits internationaux par la France ». A travers cette conférence débat axée sur le thème « l'archipel des Comores entre identité et politique, cahier retour aux sources du patrimoine national » dans un contexte détaillé sur le territoire comorien « Ntsi » en relation avec le « Mila » (les coutumes), Moussa Saïd Ahmed a parlé de cinq Mila. « Après des recherches que nous avons réalisées, j'ai constaté que Mila et tout ce qui est divin. Il existe 5 Mila dont le premier est celui qui nous interpelle le plus (Mila na Ntsi). Dieu a créé le monde avec des territoires bien déterminés et limités. L'archipel des Comores est formé incontestablement de 4 îles », dit-il.
Non seulement, les conférenciers voulaient retracer l'histoire des Comores mais aussi de faire des propositions pour apaiser la tension politique et diplomatique entre la France et les Comores sur le contentieux de l'île sœur de Mayotte. Ainsi sept propositions ont été présentées par Mouhssini Hassane El Barwane, parmi lesquelles le respect par la France des frontières héritées de la colonisation, l'ouverture dans l'archipel des bureaux d'accueil, gérés conjointement par la France et Comores qui auront comme mission de traiter les documents des comoriens qui veulent se rendre à Mayotte, maintenir Mayotte sous l'administration française pendant une période à déterminer, favoriser la libre circulation des biens et des personnes dans un environnement administrativement concerté, assurer la complémentarité, des infrastructures en matière d'éducation, de santé, de recherches, de formations et de télécommunications et tout mahorais né avant 1975 ou après 1975 avec, au moins un parent originaire de Mayotte a droit à la nationalité comorienne (et a tous les traitements accordés aux nationaux) par simple déclaration.
Au cours des échanges, les participants ont salué l'initiative de réfléchir sur le devenir de l'archipel, ce qui n’empêche pas des critiques. Pour Ali Mohamed Djalim enseignant d'histoire à l'université des Comores, il fallait montrer les enjeux politiques concernant Mayotte, faire un portrait des anciens partis politiques et les nouveaux, ce qu'ils défendaient et rejetaient.
Kamal Gamal
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