La Gazette

des Comores

Le département d’Etat surveille les Comores et épargne Israël

Le département d’Etat surveille les Comores et épargne Israël © : HZK-LGDC

C’est par un communiqué du département d’Etat américain signé du secrétaire d’Etat Antony J. Blinken que la nouvelle a été rendue publique. Comme chaque année, les États-Unis font une évaluation dans le monde sur l’Etat de la liberté de culte basée sur une loi américaine sur la liberté de religion (International Religious Freedom Act) adoptée en 1998.


En employant le pronom personnel Je, le chef de la diplomatie américaine, Antony J. Blinken a peut-être voulu montrer tout son engagement et sa préoccupation face à la montée de l’intolérance en matière de pratique religieuse dans le monde. Un engagement noble qui ne devrait faire le sujet d’aucune polémique ni contestation, sauf qu’il est perçu souvent comme une arme contre les opposants de la politique américaine. Malgré une montée avérée de l’intolérance dans les pays occidentaux, la note du département d’Etat américain reste toujours évasive à ce sujet et parle de violations de « la liberté de religion dans des pays qui ne font pas l’objet de désignations » sans toutefois les nommer.

Par contre on retrouve les classiques, tels que l’Iran, la Corée du Nord, ou l’Érythrée « au titre des pays particulièrement préoccupants pour avoir commis ou toléré des violations particulièrement graves de la liberté de religion » comme on peut lire dans la notice du département d’Etat. Si les Comores sont épargnées dans ce groupe sensible aux yeux du département d’Etat, elles font partie de ceux qui font l’objet d’une surveillance.

« J’ai par ailleurs fait inscrire l’Algérie, l’Azerbaïdjan, la République centrafricaine, les Comores et le Viêt Nam sur la liste des pays faisant l’objet d’une surveillance spéciale pour avoir commis ou toléré de graves violations de la liberté de religion » poursuit le chef de la diplomatie américaine dans son communiqué. L’inscription des Comores dans cette liste est d’autant plus préoccupante que ce pays est connu par tous ceux qui ont eu le privilège de le visiter parmi les plus tolérants de la planète. Les autorités doivent veiller à ce que les Comores sortent vite de cette liste en prenant les mesures nécessaires.

Pour des raisons de realpolitik, les États-Unis n’ont pas jugés nécessaire de citer Israël dans aucune des deux catégories. Pourtant l’Etat hébreu est souvent cité dans les rapports des organisations internationales des droits de l’homme rien que sur les restrictions faites aux palestiniens à leur accès à l’esplanade des mosquées à Jérusalem. On ose croire toutefois qu’Israël fait partie. « On constate également d’importantes violations de la liberté de religion dans des pays qui ne font pas l’objet de désignations. Les gouvernements doivent mettre fin aux exactions telles que les agressions contre les membres de communautés religieuses minoritaires et leurs lieux de culte, les violences communautaires et les emprisonnements prolongés pour s’être exprimé de manière pacifique » de ces pays-là. L’impression de deux poids deux mesures dans ces genres d’études ne fait qu’accroitre le gouffre déjà existant entre les pays occidentaux et ceux du sud global, et renforce un peu plus le sentiment que les démocraties sont à géométries variables.

Imtiyaz


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