À l’occasion de la journée mondiale de l’alimentation célébrée le 18 octobre, La gazette des Comores/Hzk-presse a tendu ses micros à certains agriculteurs à Mohéli, l’île considérée comme étant le grenier des Comores, pour tenter de comprendre le pourquoi de cette crise alimentaire dans le pays pendant que la terre continue à produire. Les avis des agriculteurs convergent sur un seul point, le manque d’un système de conservation.
Le 18 octobre, le monde entier célèbre la journée mondiale de l'alimentation. Cette année, le thème choisi est « Agir pour l'avenir, améliorer la production, la nutrition, l'environnement et les conditions de vie ». A Mohéli, certains agriculteurs s’expriment sur cette problématique et ils convergent sur un seul point : le manque d’un système de conservation. « Tout ce qui est produit doit être consommé en un laps de temps sinon les produits vont périr faute d'un système de conservation », regrette Fayçal Bianrif, un jeune entrepreneur dans le domaine agricole qui rajoute d’autres causes qui ne sont pas les moindres.
Pour Fayçal, le changement climatique impacte également la production. « Actuellement les pluies sont rares avec beaucoup d’insectes qui détruisent les produits. Et aux Comores, nous avons un seul climat avec des espaces réduits ce qui ne favorise pas la production de masse. En plus, le peu d’espace qui reste commence à être occupé par la culture d'Ylang ylang et s’ajoute la question des animaux en divagation », explique-t-il avant de tacler les institutions nationales en charge de la production. « Ces institutions n’interviennent pas comme il se doit au moment adéquat. Ils veulent par exemple intervenir sur la production de manioc mais à des période hors saison ».
Sur ces pertes « énormes » causées par l’absence d'un mécanisme de conservation, Djamldine Said connu sous le pseudonyme de Chema, un jeune agriculteur à Ouallah-I dans la région de Mledjelé dit avoir abandonné la culture vivrière au profit de la culture d'ylang-ylang. « Au début, j’arrivais à exporter mes bananes à Ngazidja et Ndzouani. Maintenant que je n’ai pas les moyens, mon seul marché reste Fomboni qui est très concurrencé et finalement j’abandonne peu à peu ce genre de culture », explique ce jeune de 39 ans qui a commencé à travailler la terre depuis ses 12 ans. Chema propose une banque spécialisée pour les agriculteurs des produits vivriers.
Des moyens financiers permettant de produire beaucoup et de pouvoir exporter sont soulevés également par Alfaidhu Soultoine également jeune qui a terminé ses études universitaires avant de se lancer dans l’agriculture des produits maraîchers et vivriers à Fomboni. La question d’eau courante dans les espaces cultivables, les insectes herbivores mais surtout la conservation des produits constituent pour Alfaidhu les principaux obstacles pour les agriculteurs à Mohéli.
Riwad
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