La pêche au poulpe représente une source importante de nourriture et de revenus pour les communautés côtières qui dépendent de la mer pour leur subsistance. Selon Hugh Doulton, dans le sud d’Anjouan, elle est une activité économique vitale qui crée des emplois pour les pêcheurs locaux.
C’est à pied que les pêcheurs se rendent sur les coraux sur le long de la plage à marée basse, équipés d’un harpon en bois à la recherche des trous ou des crevasses dans les coraux où les poulpes s’abritent. Il s’agit de la méthode traditionnelle pour capturer les poulpes, même si certains attendre la marée haute pour attraper les poulpes en plongé. « Le domaine qui se démarque sur la protection marine, c’est la pêche aux poulpes. Depuis quelques années, beaucoup de pécheurs bénéficient plus de cette pêche à la poule, montre Hugh Doulton. Le secret avec le poulpe est que ça s’agrandit très vite. Le cycle de vie est rapide donc si vous mettez en place une protection des poulpes au bon moment en l’espace de deux à trois mois, elles peuvent prendre une grandeur en taille et les pécheurs auront des rendements rapides. Ce n’est pas facile mais ça demande des sacrifices venant des pécheurs »
L’accès à cette ressource n’est pas règlementé dans la région, ce qui attire beaucoup de pêcheurs sur les platiers. En plus de la surpêche, s’ajoute aussi les pratiques destructrices de la pêche avec notamment l’utilisation de la barre de fer exerçant une forte pression sur les coraux. La barre de fer traduit en comorien par « ntsontso » est l’outil le plus couramment utilisé pour attraper les poulpes. Cet outil détruit considérablement les coraux qui constituent l’habitat des poulpes et bien d’autres espèces marines.
Les femmes pêcheuses de Maecha Bora, une association fondée en 2018, ont comme objectif de coordonner une gestion durable des ressources marines dans les villages de Dzindri, Vassy et Salamani. Après avoir été formées par Dahari, les membres de l’association ont pris l’initiative de former les femmes pêcheuses de leur communauté à l’utilisation des harpons en bois ou « mwiri », une technique de pêche durable. « On privilégie la pêche aux poules aux harpons car l’équipe a constaté qu’une des menaces sur les récifs, c’est l’utilisation de barre en métal. On cherche les poulpes mais en même temps on détruit. Donc l’ONG a fait beaucoup de travail via les associations de femmes notamment dans la zone sud-ouest d’Anjouan de Vassy jusqu’à Moya pour les convaincre d’utiliser des harpons en bois. Elles ont beaucoup de réussite car 80% des pêcheuses dans ces zones appliquent cette méthode », avance-t-il.
Hadidja Bacar, membre et formatrice de Maecha Bora, a vu les avantages immédiats de l’utilisation du « mwiri ». « C’était lors d’une ouverture de la pêche après 3 mois de fermeture… Nous étions obligés d’apporter le harpon en bois pour pêcher le poulpe. Je n’étais pas confiant de l’efficacité de la méthode, mais à ma grande surprise, j’ai réussi à attraper des grands poulpes à 3 kilos. Contrairement à la barre de fer, quand on pique le poulpe avec le mwiri, il ressort du trou facilement sans casser les coraux. Les résultats sont impressionnants », montre-t-elle. Les pêcheurs utilisent le bambou pour fabriquer de solides harpons en bois. Le bambou est très robuste, mais pas assez fort pour détruire le corail. Ensuite, le bois est rasé pour avoir une boue pointue et tranchante.
M.A. Nasra
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