Après 24 heures de garde à vue à la gendarmerie, le journaliste Abdou Moustoifa, correspondant de l’agence Reuters et employé du quotidien Al-Watwan, a été relâché. Cependant, il doit se présenter au tribunal de Moroni ce jeudi 6 février pour « diffusion de fausses nouvelles ».
Le journaliste Abdou Moustoifa a été relâché après 24 longues heures de garde à vue à la gendarmerie de Moroni, accusé de diffusion de « fausses nouvelles ». Toutefois, il doit comparaître devant le tribunal de première instance de Moroni, statuant en matière correctionnelle, ce jeudi 6 février. En effet, le 24 janvier dernier, Abdou Moustoifa a rapporté dans un article pour Reuters des propos attribués au président Azali Assoumani concernant la possible transmission du pouvoir à son fils, Nour El Fath. Bien que la présidence ait rapidement rectifié ces propos, le ministère public a décidé de porter plainte contre le journaliste pour diffusion de « fausses nouvelles ». Il est désormais convoqué devant le tribunal de première instance de Moroni pour répondre de ces accusations. Une convocation suscite une vive inquiétude au sein de la profession aux Comores.
La plainte reproche au journaliste d’avoir agi de mauvaise foi en diffusant des propos mensongers sur les intentions du chef de l’État, ce qui, selon les autorités, aurait jeté le discrédit sur les institutions publiques et perturbé le moral de la population. Et ce malgré la publication d’un démenti par l’agence Reuters et la suppression de la première dépêche. Le ministère public a donc décidé de poursuivre le jeune journaliste au lieu de l’agence Reuters qui a publié l’information.
Le Syndicat National des Journalistes Comoriens (SNJC) a exprimé sa vive inquiétude face à ces poursuites, soulignant dans son premier communiqué que seul le Conseil national de la presse et de l’audiovisuel (CNPA) est habilité à juger de fautes professionnelles en matière de journalisme. Le SNJC a également dénoncé ce qu’il considère comme un abus de pouvoir et un frein à la liberté de la presse. Il est à noter que le reporter a été auditionné à deux reprises par le procureur de la République le vendredi 31 janvier.
Avant cette convocation, Abdou Moustoifa a fait l’objet d’une série de pressions. Le 29 janvier, deux gendarmes se sont rendus dans les locaux d’Al-Watwan à la recherche du journaliste, sans fournir d’explications. Après plusieurs démarches auprès des autorités, Abdou Moustoifa a décidé de se rendre de lui-même à la gendarmerie pour clarifier sa situation. Plusieurs organisations internationales avaient exigé sa libération immédiate. Le pays risque en tout cas de perdre des points au classement mondial de la liberté de presse après une légère amélioration en 2024.
Mohamed Ali Nasra
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