Le mouvement du 17 février (M17) qui réunit à Mohéli les principales figures de l’opposition au régime Azali, et qui milite pour le retour de la constitution issue de l’accord cadre de Fomboni, a réuni dimanche 19 novembre dernier des notables de l’île à Ngamaroumbo loin des habitations, à un endroit mythique. L’objectif est d'implorer Dieu de « libérer le pays pris en otage » disent-ils et d'appeler la population à boycotter les prochaines élections, car y participer ce serait, selon eux, une contribution à faire le mal aux comoriens en général et aux mohéliens en particulier.
Bwé la voulé Ngamaroumbo, lieu où le complot d’assassinat du despote roi Mderehmane fils de Djumbé Fatma a été monté sous la plus grande discrétion, a été choisi par le M17 pour réunir les hauts dignitaires de la notabilité de Mohéli, loin des habitations pour des prières incantatoires. « Ce n’est pas pour un complot d’assassinat que nous sommes ici, mais c’est pour une prière » a tenu à préciser Aoulad Soidri lors de son intervention pour éviter tout amalgame. Mohamed Larif Oukacha viendra expliciter qu’à chaque fois que les mohéliens se trouvent dans l’oppression et dans l’impasse politique, ils se réunissent à cet endroit à la recherche d’une solution pour se libérer et cela a toujours marché.
« Notre objectif n’était pas de réunir tous les mohéliens ici mais des représentants de chaque ville et village pour une prière contre la prise d'otage de notre pays et leur faire un état des lieux de cette lutte comorienne » indique l’ancien président de l’assemblée Said Dhoifir Bounou qui précise en plus que les Comores sont privés de démocratie, de constitution, des droits humains et du droit à la vie. « Si nous nous réunissons ici aujourd’hui c’est pour le respect de l’histoire de Mohéli, mais c’est aussi pour la nation comorienne, car nous travaillons avec nos frères des autres îles, avec une spécificité de Mohéli puisque c’est la première île victime de ce système de gouvernance qui a supprimé la tournante telle qu’elle a été définie dans la constitution de 2001, pour garantir la paix et la tranquillité dans notre pays» explique-t-il.
Et le Doyen Mohibaca Baco de déclarer la continuité du combat contre la dictature jusqu’à sa chute. « Viendra par la suite un gouvernement de transition pendant une année au plus tard, pour organiser les élections, en respectant la tournante à Anjouan puis à Mohéli, avant de faire le bilan » a-t-il promis. Après l’intervention de la représentante des femmes, Mme Sounday, l’évènement est clôturé par des prières.
Riwad
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