La Gazette

des Comores

Le Maire de la capitale réglemente les prêches dans les mosquées

Le Maire de la capitale réglemente les prêches dans les mosquées © : HZK-LGDC

Tout au long de la semaine écoulée, le climat dans le centre de la capitale était des plus délétères. La prêche d'un Imam de la place avait eu le mérite de sortir les autorités communales de leur gond, le maire en particulier. Des éléments des forces de l'ordre ont été même envoyés pour éviter tout débordement.


« Constatant la prolifération incontrôlée des "prêches religieuses" ou " Darsa" dans les mosquées de la capitale, en amont et en aval des prières (salât djamaa) au cours desquels sont prononcés, par des prétendus prêcheurs islamiques, des propos et discours tous azimuts, diffamatoires et déconnectés de la foi Islamique; conscient que de tels « prêche » sont de nature et de portée à semer la confusion entre la moralisation publique, l’incitation à la haine et à la poussée à la désobéissance civile, conformément aux recommandations du conseil des Oulémas de Moroni, comité consultatif de la commune pour les questions religieuses », le maire de la capitale a signé l'arrêté 23-001/CMM portant réglementation des prêches religieux dans les mosquées de la commune. Pour prendre cette décision, le bureau communal s'est appuyée sur des dispositions réglementaires notamment la loi sur la décentralisation eu Union des Comores mais aussi aux recommandations des oulémas de la ville.

Un peu plus loin dans cet arrêté, le maire détermine qui a le droit de prêcher dans les mosquées de la capitale. « Les séances de "prêches religieux" ou "Darsa" régulièrement tenues dans les mosquées de la commune, sont conduites par des oulémas accrédités par le conseil communal des Oulemas ».  Une carte de prêches sera délivrée par ledit conseil afin de permettre au bénéficiaire de pouvoir prêcher sans la peur d'être poursuivi pour non respect des textes. « Les  contrevenants à cet acte sont passible de sanctions prévues par la loi ou toutes autres sanctions graduelles en cas de résistance ou de récidive avérée ». Désormais, tous les apprentis et les prêcheurs confirmés doivent montrer patte blanche pour pouvoir prêcher la parole divine.

Une décision qui est loin de faire l'unanimité dans la très bouillonnante intelligentsia de la capitale. La première salve est venue de l'ancien ministre de la justice Mohamed El-Had Abbas qui accuse le premier magistrat de la ville de se donner des prérogatives qui ne lui appartiennent pas. « Sur le fond, le Maire de Moroni s'approprie d'une manière outrancière les compétences dévolues au Ministre des Affaires islamiques, au Conseil des Oulémas ainsi qu'en violant le décret n°99/CE relatif au Grand Mufti de la République et Dar Al Iftah en date du 12 janvier 2000 », écrit-il dans un courrier adressé au Préfet du Centre. Dans cette lettre, l'ancien Ministre demande au préfet de « surseoir cet arrêté susmentionné pour préserver notre cohésion et exiger le respect des lois et procédures ».

En tout cas, cette décision a le mérite de poser le débat sur les prêches qui se font dans la capitale sans rentrer sur la polémique du moment. En même temps, elle sollicite chacun de nous à la réflexion quant à la capacité que nous avons de nous supporter dans notre diversité de pensée ou de vision et le rapport que nous entretenons sur ce qui est faisable en rapport avec le droit ou sur ce que la société peut encaisser sans renforcer à son émiettement plus qu'évident. La passion des uns et des autres ne doit pas nous détourner du vivre ensemble qui est la seule richesse des pauvres.

 

ASB

 


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