Dans sa stratégie contre les techniques frauduleuses aux examens nationaux, le ministre de l’éducation nationale Djaffar Salim Allaoui veut amplifier la surveillance. Sa démarche est simple, brouiller le réseau de communication pour au moins deux jours lors des épreuves du baccalauréat. Une proposition qui a été belle et bien rejetée en conseil des ministres.
La lutte contre la tricherie en salle d'examen préoccupe les autorités notamment le ministre de l'éducation nationale. Aussitôt nominé, il pond une stratégie de guerre contre la fraude. Dans une conférence de presse dédiée aux examens, notamment sur la conscientisation de la lutte contre la tricherie, vendredi 10 septembre dernier, le ministre de l’éducation, Djaffar Salim a avoué à la presse sa stratégie de brouiller les réseaux de communication sur deux jours successifs dans les centres concernés des examens. Bien évidemment, il n’a pas eu l’aval en conseil des ministres. « Je suis parti avec mon projet en conseil, au moins deux jours de brouiller les réseaux. Car le smartphone est un outil actif dans la participation à la fraude », précise celui qui promet de poursuivre les fraudeurs jusqu’au dernier retranchement.
Joint par nos soins Moussa Mfougouliyé, secrétaire général de l’intersyndicale dit que la stratégie n’est pas mal mais son approche est mauvaise. « Je le soutiens dans sa démarche de lutte contre la fraude. Cependant je lui reproche qu’il se soit déplacé en salle d’examen, c’est la première fois que nous avons assisté à ce genre de situation. C’est le travail du président du jury. J’ai bien écouté le ministre pour qui j’ai une grande estime mais dire à la presse que certains enseignants et correcteurs sont soupçonnés et sont sur écoute, n’est pas la bonne approche » souligne-t-il. Cette démarche elle est également contestée par l’opinion publique qui pense que c’est un excès de pouvoir. Pour la majeure partie de l’opinion c’est un aveu de faiblesse des autorités face à ce fléau.
Sur ce, le ministre rappelle formellement que les smartphones sont interdits en salle d’examen. « Pour ne plus avoir à revivre les errements antérieurs, il est formellement interdit à tout candidat à un examen ou concours national d’être en possession d’un téléphone portable, tablette et montre, connectés dans une salle d’examen », lit-on dans une note publiée le 11 septembre dernier. En conséquence, les présidents de jury, les surveillants et les forces de l’ordre sont chargés, chacun en ce qui le concerne de l’application stricte de cette mesure qui ne peut souffrir d’aucune dérogation.
Pour rappel, malgré les nombreux avertissements et autre mises en garde des autorités, l’édition 2020 du baccalauréat n’a pas échappé à ce qui semble être la malheureuse norme. Envions 42 candidats ont été éliminés pour fraude au niveau de Ngazidja. Et la plupart de ces fraudeurs ont été pris la main dans le sac en train de communiquer avec l’extérieur via leurs smartphones.
Andjouza Abouheir
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