La Gazette

des Comores

Le Modec justifie sa position face à la grève

Le Modec justifie sa position face à la grève © : HZK-LGDC

Le mouvement des entreprises des Comores assume sa position de sortir de la grève et, malgré les critiques qu’il essuie, affirme œuvrer « pour le secteur privé ». La présidente Faharate Mradabi nous a accordé un entretien.


Question : Qu’est ce qui explique votre défection le jour-même qu’a commencé la grève ?

 

Faharate Mradabi : Nous avons abandonné le mouvement de la grève car on avait un objectif de résultats et nous l'avons obtenu. Et par la suite nous avons donné un mot d’ordre d’abandonner la grève.

 

Question : L'on vous soupçonne d'avoir joué le jeu du pouvoir pour essayer d’essouffler le mouvement de l’intérieur ?

 

F.M. : Je ne sais pas qui soupçonne qui.  Notre but était de faire réagir l’administration. Quand le mouvement a été décidé par le collectif, c'était de faire réagir l'administration face au secteur privé. On a demandé à les rencontrer. Ils ont ouvert leurs portes et nous avions obtenu des décisions. Donc on ne joue pas avec le pouvoir mais on joue pour le secteur privé.

 

Question : Comment expliquez-vous le choix du gouvernement de faire de vous les seuls interlocuteurs de la crise, écartant le Synaco ou encore la Nouvelle Opaco ?

 

F.M. : Le gouvernement n'a pas fait de nous son choix. Nous avons demandé à être reçus par les autorités, le ministère de l'économie notamment. Et le ministère des finances a eu besoin de notre démarche et nous a contactés.  Nous avons informé les membres du collectif qui nous ont répondu : « Votre essai était salutaire et allez-y. Nous savons que vous le faites pour nous ». Nous n’avons pas été sans les informer.

 

Question : Quel bilan tirez-vous pour n'avoir pas réussi à peser face au mouvement ?

 

F.M. : On n’est pas face à un mouvement, nous sommes avec un mouvement ! Le mouvement a décidé une grève, nous avons demandé l’arrêt de la grève mais ils ont refusé car ils ont voulu continuer. Libre à eux, mais nous, nous avons travaillé pour eux.

 

Question : Pourquoi les grévistes devraient vous faire confiance ?

 

F.M. : Le but ce n'est pas de faire une grève ou non, mais d'entamer une grève pour obtenir un meilleur environnement. Une des revendications qu'avait le collectif, qui date depuis le mois de novembre se focalisait sur les taxes douanières. Aujourd'hui, nous avons obtenu une amélioration des conditions pour les importateurs et surtout pour les commerçants. Alors, pourquoi ils doivent nous faire confiance ? Ils verront quand ils vont faire leur démarche en douane.

 

Question : A qui la faute si la grève n'a pas été annulée malgré les concessions ?

 

F.M. : Il y a certains commerces qui ont ouvert. On n’a pas assez communiqué malgré que nous ayons tenu une conférence de presse entre 18h et 19h (le lundi 27 janvier, Ndlr) et une notre à midi. On n’a pas été entendus par manque de temps.

 

 

 

 

Question : N’aurait-il pas été logique que le ministère de l'économie mène les négociations ?

 

F.M. : Que ce soit le ministère de l'économie ou des finances, ils font partie du gouvernement. Si on peut négocier même avec le chef de l’État, on le fera.

 

Question : Un dernier mot ?

 

F.M. : J’étais choquée par les propos du collectif nous traitant d'inhumain. On n’a mis le couteau sur la gorge de personne. On n’a tué personne. On veut juste avancer pour les affaires des comoriens.

 

Propos recueillis par Andjouza Abouheir

 


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