Comme une bourde, Aboubacar Said Abdillah, grand Muufti de la République s’est attiré la colère de l’opinion mardi dernier à l’occasion de la cérémonie d’installation du Conseil supérieur de la Magistrature. En plus d’avoir critiqué l’opposition et d’avoir appelé les comoriens à respecter l’autorité du président d’Azali Assoumani, le chef religieux s’est laissé emporter dans un réquisitoire contre l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi jusqu’à le qualifier « d’ennemi de la République ».
Son éminence Aboubacar Said Abdillah Djamalilayli, grand Moufti de l’Union des Comores accuse l’ancien Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi d’être le responsable de la délinquance juvénile dans l’archipel. Sans ménagement ni sens de la courtoisie républicaine due à une personnalité qui a eu à assumer les plus hautes fonctions de l’Etat, le Mufti a même accusé l’ancien rais Sambi, au cours de son allocution prononcée à l’occasion de l’installation du conseil supérieur de la magistrature, d’être « l’ennemi numéro 1 de la République et de notre nation ». Et de poursuivre : « C’est à cause de lui qu’aujourd’hui le trafic de drogue a pris de l’ampleur en Union des Comores. Sambi a installé Bashar Kiwan au pays et ce dernier avait le champ libre pour trafiquer sa drogue sans aucun contrôle », déclare-t-il. Des propos mal accueillis par l’opinion et aussitôt décriés par de nombreuses personnalités, provoquant un grand tollé sur les réseaux notamment Facebook.
La sortie médiatique du grand Mufti s’est ajoutée à la longue série d’accusations en relation avec le dossier de la citoyenneté économique dont se délectent nombre d’autorités politiques, religieuses et intellectuels proches du pouvoir, en dépit du fait que le principal « accusé » ne soit toujours pas en mesure de se défendre, étant placé en détention depuis plus de 2 ans. Nombreux sont les observateur, y compris au sein du régime, qui estiment que ce n’était ni le lieu ni le moment pour Aboubacar Said Abdillah Djamalillayli de tenir des propos d’une telle gravité. « Ce dernier, au lieu de rappeler à l’ensemble des magistrats la responsabilité qui leur incombe notamment en appliquant minutieusement le droit dans le respect strict, le grand Mufti s’est aventuré dans un discours politique mêlant moquerie à l’opposition, haine contre un ancien raïs et un appel à respecter et accepter la présidence d’Azali Assoumani et ses forfaitures », a soutenu l’avocat de Sambi, maitre Ahamada Mahamoudou qui n’attend que l’accord de son client pour porter plainte pour diffamation à l’encontre d’Aboubacar Said Abdillah.
A.O Yazid
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