La Gazette

des Comores

Le parquet livre des éléments à charge

Le parquet livre des éléments à charge © : HZK-LGDC

Le parquet de la République a fait savoir, hier dans un communiqué, que Nazra Said Hassani avait déjà été inculpée et fait l’objet d’une information judiciaire au mois de février dernier, avant d’essayer de prendre la poudre d’escampette le 2 avril vers Antananarivo où elle s’est fait cueillir à sa descente de l’avion après émission d’un mandat d’arrêt par Moroni.


C’est un coin de voile que vient de lever le parquet de la République dans ce dossier « complexe » pour reprendre les termes utilisés dans le communiqué. Le procureur de la République livre dans sa toute première communication des éléments jusqu’ici méconnues du grand public. Nazra Said Hassani avait déjà fait l’objet d’une plainte vraisemblablement pour une affaire d’arnaque, début février de cette année. Son poursuivant lui réclamait des centaines de millions de francs comoriens. Le 20 février, elle est inculpée et placée sous contrôle judiciaire. Malgré l’interdiction de quitter le territoire, elle réussira à sauter les verrous le 2 avril et quitter le pays sous une fausse identité avant de se faire arrêter à Madagascar et refoulée aux Comores.

« Le 02 avril 2023 une information sur un départ imminent de Mme Nazra Hassani est portée à notre connaissance, après vérification il s’est avéré qu’elle avait effectivement quitté le territoire avec sa famille en utilisant de fausses identités, par un vol Ethiopian Airlines à destination de Madagascar. A ma demande, le juge a immédiatement émis un mandat d’arrêt contre la jeune femme. Grâce à ce mandat d’arrêt la jeune femme a été reconduite aux Comores », souligne le parquet, lequel est persuadé que si la mise en cause a cherché à quitter le pays, c’est parce qu’elle avait « peur » car, depuis le lancement de l’enquête concernant la plainte initiale et son placement sous contrôle judiciaire, « plusieurs personnes se sont présentées à son domicile lui réclamant le remboursement de sommes non négligeables, parfois de manière violente ».

Après son transfert à Moroni, plusieurs personnes dont des cadres de Comores Telecom sont arrêtés pour les besoins de l’enquête. Nous avons appris ce matin l’interpellation du recevoir central de l’administration générale des impôts. Tous sont suspectés d’avoir injecté de l’argent public dans le système d’investissement qui était mis en place par Nazra depuis 2019, lequel système s’est avéré être de la pure arnaque. L’enquête qui promet d’être longue suit son cours. En attendant, Nazra est placée en détention provisoire et les arrestations, elles, continuent de plus belle. La première personne à en faire les frais est le directeur de la police, démis de ses fonctions par le chef de l’État après que les autorités ont découvert que Nazra Said Hassani avait quitté sous une fausse identité. Quant aux préjudices, le parquet se garde d’avancer des chiffres même si d’autres sources parlent de plusieurs milliards de nos francs.

 

Andjouza Abouheir

 

 


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