La Gazette

des Comores

Le pays se dote de son premier schéma national d’aménagement

Le pays se dote de son premier schéma national d’aménagement © : HZK-LGDC

Après Mwali en 2024, le Schéma d’aménagement du territoire se déploie désormais à Ngazidja, avec la phase des consultations locales. Restituées lundi à Moroni, celles-ci doivent permettre d’identifier les besoins de l’île en infrastructures, eau et habitat. Financé par l’UE, ce premier SAT national vise à planifier le développement de l'archipel pour les 20 prochaines années.


Pour le moment, le pays ne dispose pas encore d’un document unique de planification de l’occupation du sol à l’échelle nationale. Face à l’urbanisation rapide, à la pression sur les terres agricoles et aux effets du changement climatique, le gouvernement a lancé en 2024 l’élaboration du schéma d’aménagement du territoire, (SAT). Financé par l’Union européenne via le projet Ulanga Mali, ce chantier a débuté sur l'île de Mwali. Après la restitution des consultations à Ngazidja le 14 septembre dernier, le processus se poursuit actuellement à Ndzouani. L’objectif étant de doter le pays d’un cadre juridique et technique pour orienter les investissements publics et privés à l’horizon 2045. Lundi 14 septembre, le ministère de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, chargé des affaires foncières et des transports terrestres a restitué les résultats des consultations menées sur notre île. La rencontre a réuni l’Unité de gestion du projet, le secrétaire général du gouvernorat de Ngazidja, des représentants des maires, des préfets, ainsi que l’Union des chambres de commerce, d’industrie et d’artisanat (UCCIA), puis le ministère de l’environnement et du tourisme.

 

Après Mwali, où le diagnostic a été réalisé en 2024, Ngazidja est la deuxième île à boucler cette étape. Ndzouani sera la prochaine. Ce chantier est soutenu financièrement par l’UE à travers le projet Ulanga Mali. L’ambition est de doter l’Union des Comores de son premier Schéma d’aménagement du territoire, un document qui fera office de boussole pour les deux prochaines décennies. « Nous sommes en train de faire l’état des lieux. L’objectif est d’identifier toutes les contraintes avant de proposer une stratégie que tout le monde pourra appliquer », a déclaré Aboubacar Tafya Hassane Ali, chef de mission adjoint. Le SAT ne se limite à aucun secteur. Agriculture, eau et assainissement, habitat, infrastructures routières, établissements hospitaliers, tous les domaines sont passés au crible. Pour les besoins de l’étude, Ngazidja a été découpée en quatre zones afin d’analyser les spécificités et contraintes de chaque territoire.

 

A l’issue de ce travail, les experts doivent produire des fiches de projets chiffrées. Une fois les diagnostics des îles finalisés et le document validé, un projet de loi sera soumis pour donner une valeur juridique au SAT et en faire le cadre de référence de tous les investissements publics. La particularité de cette démarche réside dans la place accordée aux collectivités locales. Loin d’être une décision descendante, le processus cherche à s’appuyer sur la connaissance du terrain des maires et des préfets. « La réussite du SAT dépend de son ancrage local. Notre rôle est de nous assurer que chaque projet tienne compte des réalités du terrain et des besoins des habitants », a souligné Antika Mhadji Rachid, la déléguée chargée du développement durable au gouvernorat de Ngazidja et point focal du projet.

 

Pour elle, cette phase de consultation est essentielle pour anticiper les blocages et s’assurer que les orientations nationales correspondent aux réalités locales. L’objectif affiché est d’éviter les erreurs du passé et de prévenir la saturation des zones urbaines déjà sous forte pression démographique. Avec la clôture des travaux à Ngazidja, le projet entre dans sa phase de synthèse. Les données collectées vont être analysées pour formuler les premières orientations d’aménagement spécifiques à l’île. Au-delà de l’aspect technique, le SAT se veut un outil de cohérence. Il doit permettre d’orienter les financements, d’éviter le gaspillage des ressources et de garantir que chaque projet d’infrastructure s’inscrit dans une vision globale du territoire comorien. Le défi est de taille, mais les autorités comptent sur l’adhésion de tous les acteurs pour que ce premier schéma ne reste pas un document de plus sur l’étagère.

 

El-Aniou Fatima

 

 


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