Dans une vidéo postée qui circule dans les réseaux sociaux, des hommes se présentant comme des dignitaires du village de Djoumoichongo Hambou annoncent un « fatwa » pour le moins rocambolesque. En effet, ces « notables » réunis autour d’une table et qui se lassaient filmer ont annoncé aux ressortissants dudit village et qui se trouvent à l’extérieur l’interdiction de se caser avec un non Comorien.
La décision très moquée sur la toile concerne essentiellement les femmes qui composent la diaspora de France. On leur interdit de marier avec un « étranger ». Sinon ? « Nous ne participerons ni de loin ni de près à leur union », menacent-ils à un moment où des étrangers qui épousent des femmes comoriennes se soumettent à notre culture au point de faire le grand mariage.
La menace est loin de se limiter au boycott des dignitaires villageois puisque les contrevenants se verront infliger un bannissement d’une durée de cinq ans et d’une amende d’un million de nos francs et pour l’épouse et pour ceux qui s’aviseraient à la soutenir.
Sur internet plusieurs sont les femmes qui s’offusquent. « Je suis déçue en tant que femme (…) c’est vraiment absurde. Épouser un étranger ne veut pas dire renier à ses origines », s’emporte Fatima Bacar. D’après elle, la décision de la notabilité « déshonore » la femme Comorienne.
« Regardez le bon côté des choses ! Se marier à un étranger veut dire être tranquille sans se soucier de s'endetter jusqu'au cou », souligne de son côté Mariama Ahamada qui pense que chacun doit se marier avec son « chéri étranger » pour « vivre heureux ». « Nous ne sommes plus au moyen âge, le mixage de certaines cultures est la réponse à la modernisation ». Un débat de société qui ne concerne pas seulement le village de Djoumoichongo, dans un pays où les traditions sont encore fortement enracinées en dépit d’une modernisation du mode de vie.
Andjouza Abouheir
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