Après avoir déposé plainte pour agression sexuelle, une famille de Mbambani dans la région de Hambou est bannie et priée par les autorités coutumières de quitter dare-dare ladite localité. Cette décision antirépublicaine relance le débat sur le véritable rôle de l’État dans nos localités.
Les autorités coutumières de Mbambani, un petit village au sud de la région de Hambou, ont décidé de chasser de la bourgade une famille qui a déposé plainte pour un acte de pédophilie dont est victime leur fils de 12 ans. Cette décision est intervenue alors que lesdits notables ont fait des pieds et des mains pour tuer l’affaire dans l’œuf.
Joint au téléphone par nos soins, le procureur général dit s'autosaisir de cette affaire. « Nous allons jouer la pédagogie pour que la famille puisse retrouver son domicile » ; a assuré le parquetier. Quant à l’usurpation de l’autorité de l’État par des hommes dont l’unique critère social est d’avoir accompli le grand mariage, le procureur dit le regretter mais pointe du doigt les avocats et associations, en revanche. En effet, selon notre interlocuteur, ces derniers font « trop de médiatisation » dans pareilles affaires, ce qui « n’arrange pas les choses ».
Un brin de laxisme de sa part. Mais il n’est pas le seul. Le maire de la commune de Hambou Djoumoipanga estime qu’il est « difficile d’interférer dans une décision villageoise » comme si c’était la justice. « Vous savez comment ils sont, les notables. Nous, notre devoir est de maintenir la paix. Sur cette décision, nous n’y pouvons rien surtout que le dossier est entre les mains de la justice », avance l’élu, qui n’est pas sans savoir que le dossier entre les mains de la justice et celui relatif à l’acte de pédophilie et non l’expulsion arbitraire.
Andjouza Abouheir
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