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Les Comores ont un train de retard dans le secteur éducatif

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Les Comores ont un train de retard dans le secteur éducatif © : HZK-LGDC

Ce n’est un secret pour personne, l’éducation aux Comores va mal. La récente grève des enseignants qui a duré un peu moins de deux mois, illustre parfaitement les difficultés qu’ont toujours éprouvées les gouvernements successifs à trouver une solution pérenne, ne serait-ce que pour le paiement des salaires des enseignants. Ce manque d’investissement a été souligné récemment dans les analyses des experts du FMI.


La loi 22-012/AU, portant loi de finances 2023 avait fixé le budget de l’éducation à hauteur de 14 400 761 758 kmf, soit une augmentation de 2,02% par rapport à 2022. Ainsi ce budget comme celui des autres années reste le plus conséquent dans le budget général de l’Etat. Toutefois, il reste largement en dessous des besoins réels en matière d’éducation aux Comores notamment sur les investissements, car le gros des dépenses est absorbé par le règlement des salaires.

Cela n’a pas échappé aux experts du Fonds Monétaire International (FMI) qui jugent que « les progrès en matière d’éducation restent limités » Pire, les Comores restent l’un des mauvais élèves en matière d’éducation de base. « Il ressort des données les plus récentes, qui vont jusqu’en 2018, que parmi les pays en développement (PED) les Comores sont avant-derniers pour ce qui concerne l’accès à la maternelle et le taux net de scolarisation primaire », poursuit l’analyse du FMI. Le rapport souligne aussi le manque d’investissement lié à l’éducation qui risque, « les dépenses d'investissement consacrées à l’éducation aux Comores ne s’élèvent qu’à 36% de la composition moyenne des PED, ce qui pourrait entraver la disponibilité d'infrastructures et d’établissements d’enseignement adaptés » à terme de fragiliser un peu plus un secteur déjà à l’agonie.

Les experts du FMI nous disent que « les dépenses d’éducation aux Comores comptent parmi les plus faibles des petits États en développement, se chiffrant à 3,8 % du PIB » d’où les problèmes soulignés un peu plus haut. Et ce manque d’engagement des autorités reste un véritable frein dans cet objectif. « Selon les estimations, les besoins d’investissement supplémentaires pour atteindre l’ODD4 (éducation) en 2030 au plus tard devraient atteindre 4,2% du PIB de 2030 » d’une éducation de qualité sur l’ensemble du territoire national. Toutefois, le FMI souligne des efforts. « Les autorités œuvrent activement pour répondre à cette préoccupation dans le cadre du programme de la FEC de la part des autorités comoriennes ».

La récente grève de l’éducation est venue hélas rappeler que le chemin est encore long. Bien que les enseignants n’accusent plus d’arriérés de salaire, la masse salariale du secteur de l’éducation en dit long. « Cela dit, les salaires des enseignants aux Comores, soit 1,8 du PIB par habitant, ne représentent que la moitié de la moyenne des PED, ce qui peut avoir une incidence négative sur la motivation des enseignants ». Dans ses conclusions, le FMI préconise donc « d'accroître aussi bien la facture salariale des enseignants pour améliorer la productivité de ces derniers mais aussi améliorer les infrastructures, comme la possibilité de disposer de toilettes, d’électricité, d’eau potable et de murs d’enceinte scolaire pour parachever l’éducation de qualité ».

Imtiyaz

 

 

 

 


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