La Gazette

des Comores

Les gérants en règle montent au créneau

Les gérants en règle montent au créneau © : HZK-LGDC

L’opération coup de poing est un coup de fouet en plein visage pour les propriétaires des débits de boisson alcoolisée. Les gérants qui sont en conformité avec la loi se retrouvent aujourd’hui en difficulté, avec un manque à gagner énorme, sachant qu’aucune indemnisation n’est mentionnée par les autorités, ni une date prévue pour la réouverture.


Cette affaire a provoqué un tollé dans les réseaux sociaux et chez les gérants, estimant que l’opération menée la semaine dernière par la police nationale est un vrai coup de massue pour l’économie de certains. Aucune justification n’est encore donnée, à part la lutte contre la délinquance juvénile. Une situation difficile pour les restaurateurs-bars qui sont en règle avec des dettes à payer. « On ne nous a même pas alerté pourtant je suis en règle. En une année, je paie un million pour la licence, 15.000 KMF de carte commerciale, 75.000 KMF de droit de  bail et 140.000 KMF deux fois pour la TP et la patente. Donc on me prive de vendre alors que je suis en règle », s’étonne le gérant de Med Resto. Sans préavis, ces restaurateurs peinent à payer leur dettes auprès de leurs fournisseurs.

Le propriétaire de Med Resto n’arrive toujours pas à comprendre cette situation. « J’étais obligé ce jour-là, de jeter la nourriture qui était déjà préparée pour mes clients. Les clients  étaient en train de manger et on était contraint de tout jeter sans explication. Mais après vérification, pourquoi nous devons attendre. Le jour où j’ai ouvert mon restaurant, un agent  est venu inspecter les lieux avant l’ouverture. On nous a parlé de contrôle, à ma connaissance  ce sont les agents des impôts qui devront s’en charger, explique-t-il. « Après cette opération, chaque jour, je perds à peu près dans les 200.000 Kmf. Vont-ils me rembourser », s’interroge-t-il. Si l’objectif était la lutte contre la délinquance, fallait-il procéder de cette manière ?

4 jours de fermeture, un comptoir condamné et des salariés à l’arrêt ou en chômage technique,  c’est un coup dur pour la plupart de ces entrepreneurs. Un autre gérant de bars n’arrive pas à avaler cette situation. « En une journée, je perds 300.000 KMF. Vont-ils m’indemniser, s’interroge-t-il. Je suis victime dans cette affaire ». En conférence de presse lundi 22 novembre dernier, la police a juré de mener jusqu’au bout cette mission afin de mettre de l’ordre dans certains quartiers périphériques de la capitale, où les débits de boisson alcoolisée poussent comme des champignons, avec comme conséquence la montée de la délinquance et des actes de banditisme.

Andjouza Abouheir

 


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