Parce que la vie ne s’arrête pas en fauteuil roulant ou sur les béquilles, Ismaël Saïd en est la preuve vivante. Jeune, motivé et rempli d’amour pour son prochain, il a crée une entreprise spécialement pour les handicapés comme lui, en vue de leur ouvrir la voie vers l’inclusion en milieu professionnel.
Doté des compétences sur les aspects sociologiques et anthropiques liés au handicap, formation acquise en 2015 lors de son passage en France, Ismael Said surpasse son handicap et offre des nouveaux horizons aux jeunes handicapés comme lui. Seul sans appui, il a crée son entreprise en 2017, appelée « Horizon Handicap Comores ». Basée à Mohéli, cette entreprise est un bureau de recherche et de consultation sur les situations de handicap aux Comores. Elle oriente et accompagne les personnes handicapées sur la conception et la conduite jusqu’à l’inclusion. « Les handicapés méritent une chance comme tout être humain. Les handicapés aussi veulent participer pleinement à la vie sociale », avance-t-il.
C’est en forgeant qu’on devient forgeron. Et ce dernier, son regard portait sur le pays et les mentalités de certains qui restent encore limite. « Pas mal d’amis ont quitté l’école parce qu’ils ont été expulsés et marginalisés dans notre société. Ce diagnostic personnel et de mes coéquipiers m’ont inspiré à réfléchir sur un projet très ambitieux en vue de créer des solutions pérennes. Si aujourd’hui, je suis devenu ce que je suis, c’est parce que j’ai fait des études comme tout le monde », souligne-t-il.
Cependant, le handicap reste une cause d'exclusion, en termes d'éducation, d'accès aux infrastructures, d'intégration professionnelle, mais aussi d'acceptation sociale. « À mon retour au pays, j’ai organisé des réunions mais j’ai eu l’impression d’être moins écouté », montre-t-il. Mais cela ne l’empêche pas d’avancer, car son combat était non seulement de décrocher le baccalauréat mais aussi de lutter contre la discrimination normalisée. En effet, la plupart des gens pensent d’une manière générale que faire scolariser un enfant en situation de handicap est un gâchis. « Ce genre d’attitude doit changer et nous sommes le changement. La création de cette structure a été justement conçue dans ce cadre-là. La finalité est de faire la promotion dans le pays. Que cette politique devienne une réalité sociale et qu’on mette afin au tabou », conclut-il.
Andjouza Abouheir
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