Dans le cadre des conférences organisées durant le mois de Ramadan, le Centre national de documentation et de recherche scientifique (CNDRS) a accueilli, mercredi soir à Moroni, la deuxième rencontre des « mercredis du CNDRS ». Consacrée au thème de la coexistence avec autrui selon l’islam, cette conférence a réuni étudiants, chercheurs, responsables associatifs et citoyens, en présence du président de la République Azali Assoumani, autour d’une réflexion sur le dialogue, la tolérance et le vivre-ensemble.
Le docteur Abdoul Hakim Mohamed Shakir, président de l’Association caritative islamique, a ouvert la soirée par une intervention centrée sur la nécessité de faire de la tolérance une pratique quotidienne. Selon lui, celle-ci ne doit pas rester un simple principe théorique mais doit se traduire concrètement dans les familles, les quartiers et les institutions. Pour l’orateur, l’islam constitue une véritable force de cohésion universelle, qui appelle ses fidèles à agir avec droiture et bienveillance envers autrui. Illustrant cette dimension universelle, il a évoqué l’exemple des Comoriens présents aux quatre coins du monde, démontrant qu’un musulman peut s’intégrer dans différentes sociétés tout en respectant leurs lois et leurs valeurs. Il a également exhorté les prédicateurs à promouvoir un message de paix et de tolérance.
Son collègue, le docteur Said Ahmed Mohamed, maître de conférences à l’université Imam Al-Shafi’i, a poursuivi la réflexion en rappelant que la coexistence est profondément enracinée dans la sunna. « Le Prophète nous a enseigné que la diversité est une richesse et que la paix avec autrui est une obligation spirituelle. Coexister, c’est reconnaître l’autre dans sa dignité », a-t-il affirmé. S’appuyant sur plusieurs hadiths, il a élargi la notion d’« autrui » en expliquant qu’elle ne concerne pas uniquement les êtres humains, mais également la faune, la flore et l’ensemble de la création d’Allah. Il a insisté sur l’égalité des droits humains et sur l’importance de l’entraide entre les individus. Il a aussi rappelé un principe fondamental de l’enseignement du Prophète : l’interdiction de nuire à son prochain, y compris à ceux qui ne partagent pas la foi musulmane.
Dans l’assistance, Akim Said Mshangama, expert en résolution des conflits, a présenté cinq piliers essentiels pour construire une paix durable : la dignité humaine, le respect mutuel, la réconciliation, la responsabilité et l’empathie. Il a plaidé, devant le président Azali Assoumani, pour l’intégration de ces valeurs dans les programmes scolaires dès le primaire afin de renforcer la culture du vivre-ensemble. Le directeur du CNDRS, Mze Hamadi Toiwilou, a pour sa part souligné l’importance de ces rencontres intellectuelles et spirituelles, estimant qu’elles ouvrent la voie à de nouveaux débats sur des questions fondamentales pour la société. Les échanges ont ainsi montré que la coexistence n’est pas seulement un idéal religieux, mais également une nécessité pour bâtir une société apaisée et harmonieuse.
Aticki Ahmed Ismael
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