La Gazette

des Comores

Les opérateurs économiques alertent sur une flambée des prix

Les opérateurs économiques alertent sur une flambée des prix © : HZK-LGDC

Après l’adoption de la loi des finances, les opérateurs économiques craignent une flambée des prix, conséquence de la hausse des taxes notamment douanières, constatées dans le budget 2021 adopté la semaine dernière par les députés.


Adoptée à l’unanimité par le nouveau parlement, la loi de finances 2021 fait du bruit du côté des opérateurs économiques nationaux. Devant la presse, la Nouvelle Opaco (Organisation patronale des Comores) et le Synaco (Syndicat national des commerçants) annoncent ne pas avoir été consultés malgré les accords qui les lient au secteur public. Une situation qui a suscité l’indignation chez le patronat comorien qui n’a pas manqué de prévenir « une hausse de prix » des produits de grande consommation. « Souvenez-vous qu’il y a un décret signé par le président de la République qui a instauré une plateforme publique-privée mais qui n’a pas été effectif. Dans de tels travaux, les députés convient nos organisations, chose qui n’a pas été faite. Il nous revient d’affirmer que le gouvernement et les députés ont pris de nombreuses décisions nous concernant et il nous revient de les appliquer », regrette Sitti Djaouharia, présidente de la Nouvelle Opaco précisant que « ces mesures auront comme conséquences une augmentation des prix sur le marché comorien et ainsi rendre difficile la vie des comoriens ».

 

Pour les opérateurs économiques, l’application de cette loi est nécessaire et rappelle que celle-ci intervient après le passage du cyclone Kenneth qui a impacté de nombreux commerçants et la crise de la Covid-19 qui a touché l’économie mondiale et nationale. « Nous sommes surpris que la loi de finances de 2021 impose une hausse des taxes, laquelle à mon sens ne convient pas à la réalité », regrette-t-elle, tout en affirmant que la situation actuelle ne facilite pas les exportations. Des taxes à l’export pour la vanille fixées à 5% à l’obtention de la licence pour l’importation du riz de luxe à 200%, la hausse de 30% pour la patente, des mesures que regrettent les opérateurs. « J’ai une spécificité sur le code de douane reparti en 2. Il y a les produits comme le fer, tôles, beurre, boisson sucrée ou les fromages qui augmentent de 5%. Donc les Comoriens doivent s’attendre à les acheter un peu plus cher que d’habitude. Il y a aussi le fait que la douane a multiplié par deux ou trois les taxes et les contreventions », explique-t-elle en citant une nécessité pour eux de « prévenir les Comoriens » sur ces nouvelles dispositions.

 

Pour sa part le président du Synaco, Mohamed Mouignidaho, tire à boulets rouges sur le service des douanes et les autorités gouvernementales. Pour lui, « l’important pour le gouvernement ce sont les fonctionnaires et non la situation des opérateurs économiques, encore moins le quotidien des citoyens ». Mohamed Mouignidaho revient sur le non-respect du protocole d’accord public-privé signé à Mutsamudu en août dernier, après la grève de 72h de janvier. Il laisse entendre que rien de tout ce qui a été dit dans ces accords n’est respecté par les autorités. « Il y a 11 mois de cela, nous avons fait une grève et parmi nos doléances, c’est l’amélioration des conditions douanières pour faciliter nos activités ».

 

Le président du Synaco a ainsi repris la présidente de l’Opaco affirmant que « rien n’est mis en application malgré la durée et les discussions avec les autorités économiques ». « Le gouvernement n’aide pas le secteur privé pour le faciliter à travailler contrairement à ce qui se fait dans les autres pays. Cette hausse des prix va aussi impacter le citoyen. Comment ce dernier va-t-il pouvoir s’en sortir ? », se questionne-t-il.

 

A.O Yazid

 


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