La Gazette

des Comores

Les prisonniers appellent à l’aide

Les prisonniers appellent à l’aide © : HZK-LGDC

Dans une lettre ouverte les détenus de la maison d'arrêt de Moroni évoquent leurs très dures conditions carcérales. Ration alimentaire et les litres d'eau offertes par jour, les prisonniers s'indignent et espèrent qu'à travers cette missive l'opinion fera réagir les autorités compétentes.


Dans une lettre ouverte, les détenus de la maison d'arrêt de Moroni s'adressent à la Communauté de « ceux qui sont épris de justice ». Dans cette missive manuscrite les prisonniers font part de leurs conditions de détention qui sont pénibles. Une façon pour eux de tirer la sonnette d’alarme. « [...], Nous prisonniers de la Chambre B, Chambre C, Chambre D et ceux de l'EPP, sans détour ni circonvolutions, par la présente missive nous vous prenons à témoin, en vous faisant part de nos conditions carcérales », lit-on au premier paragraphe de cette lettre.

 

Mettant en exergue des détails sur leur quotidien notamment sur la ration journalière et les rares litres d'eau à utiliser pour « boire et faire à manger », ces détenus regrettent qu'un grand nombre d’entre eux soient jeté dans ces trous à rats sans aucun jugement possible des mois. Ils indiquent qu’au quotidien ils vivent avec « 27 détenus qui comptabilisent plus de 8 mois sans jugement et sans ordonnance de comparution ».

 

« Dans les rares cas où la justice daigne juger ou auditionner certains détenus, le véhicule de la maison d'arrêt qui est immobilisé depuis des semaines à cause de problèmes de bougies, fait obstacle », poursuivent ceux qui ne sont pas sans savoir l’existence d’un réseau de « libérateurs » tissé entre des pénitenciers et des magistrats, moyennant quelques billets de banque.

 

Le considérant comme le moins des problèmes qui n'est « pas le moins avilissant », les détenus s'indignent de l'état de délabrement des bâtiments, exposant les détenus à diverses maladies. « [...], Dans l'insalubrité sous des maisons qui ne résistent ni à l'eau, ni à la chaleur en raison de leur vétusté, nous nous heurtons quasi systématiquement à des refus pour les soins médicaux », poursuivent-il dans ce document portant le cachet de la maison d’arrêt, comme pour attester son authenticité. Comptant sur la communauté « de ceux épris de justice », les détenus prient que ce message fasse écho jusqu’aux « non sourds ».

 

A.O Yazid

 


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