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Les épouses de détenus de Koki demandent la clémence d’Azali

Les épouses de détenus de Koki demandent la clémence d’Azali © : HZK-LGDC

Selon elles, la justice leur a affirmé avoir bouclé les dossiers d’instruction mais qu’elle attendait « les consignes » des autorités pour décider du sort de ces détenus qui ont passé entre 6 mois et 3 ans sans jugement.


Les épouses de certains détenus de la prison d’Anjouan, Koki, en appellent au chef de l’État pour la libération de leurs maris. Ils y croupissent depuis 6 mois pour les uns, et 3 ans pour les autres, sans aucun jugement. « Nous sommes des femmes anjouanaises dont les époux croupissent en prison. Nous avons décidé de parler à travers les réseaux sociaux faute de pouvoir obtenir un rendez-vous auprès du président de la République. Excellence, nous demandons votre grâce en faveur de nos maris prisonniers pour nous revenir », ont plaidé ces femmes dans un Live Facebook largement partagé, mercredi dernier.

 

Elles n’ont pas omis d’annoncer que des enfants sont nés et qu’ils n’ont jamais vu le visage de leurs pères, et d’autres mariés sans la présence de leurs pères. Ceux qui sont détenus depuis trois ans, rappelons-le, sont pour la plupart suspectés d’être impliqués dans les évènements de la médina de Mutsamudu en octobre 2018. Lesquels évènements étaient voulus comme une protestation contre les réformes constitutionnelles, mais qui ont viré à une guérilla urbaine entre policiers et manifestants. Parmi ces femmes qui demandent la clémence du chef de l’État, nous ne sommes pas parvenus à identifier aucune proche du gouverneur déchu et incarcéré Abdou Salami Abdou, ni de ses plus proches lieutenants qui partagent le même sort que lui.

 

Il faut dire que derrière cet appel, se cache une réalité jusqu’ici rejetée d’un revers de main par les gouvernants : la séparation des pouvoir notamment entre l’Exécutif et le Judiciaire. Elles ont en effet déclaré qu’après s’être adressées devant la justice pour connaitre le sort de leurs maris, celle-ci leur a affirmé, sans ambages, que la suite dépend des autorités centrales. « Quand nous nous adressons à la justice, ils nous disent que leurs dossiers [d’instruction] sont bel et bien bouclés mais qu’ils attendent les consignes [des autorités] ».

 

Rappelons que le procureur de la République de Moroni, et accessoirement commissaire du gouvernement près de la Cour de sureté de l’État, juridiction d’exception dont relève la plupart des dossiers desdits détenus, avait annoncé l’ouverture de ces procès « avant la fin de l’année ». Il avait, début septembre, promis d’en annoncer le calendrier avant la fin du même mois. Il n’a pas donné signe de vie depuis.

 

Andjouza Abouheir

 


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