Victimes de nos convictions et de nos positions politiques, nous avons décidé de briser le silence dans le respect et la dignité.
Tenant compte du fait qu’il eut des jours moins sombres entre nous, voire même l’ébauche d’une amitié, et comme il n’a jamais été question dans notre nature de rejeter dans un mouvement d’humeur, le souvenir de la considération que nous avons toujours eues envers ceux dont on a partagé dans les temps la même cause, nous avons décidé de vous écrire pour tenter d’établir quelques vérités au-delà du discours diffamatoire servi ces derniers temps dans les réseaux sociaux, nous traitant des « traitres de la nation » pour avoir choisi notre camp en âme et conscience.
Il ne s’agit pas ici de vous convaincre de la violence inouïe, dont nous avons été victimes. A quoi cela servira-t-il ? Cela n’a aucun sens. Jusqu’à preuve de contraire, vos déclarations encourageant cette violence sont de simples erreurs sur lesquelles vous pouvez revenir, si vous le désirez, et que vos jugements traduisent un état de choses qui peut être encore être changé et prendre des formes plus modérées.
Toutefois, et sans attendre, nous vous apprenons que la limite supérieure de notre tolérance est atteinte. Vous avez tiré sur nous sans la moindre hésitation. C’est incompréhensible voire surprenant de la part des personnes qui prétendent incarner le dialogue démocratique. Vos déclarations sont de nature à choquer celles et ceux comme nous, ont fait le choix de soutenir un candidat tout au long des dernières échéances électorales. Pendant plus de trois mois de précampagne et de campagne, vous avez échauffé les esprits et fait de l’agitation subtile. Vous avez passé votre temps à mobiliser d’autres personnes pour commettre la même bêtise que vous. Pire encore, vous avez même exercé dans le même élan une forte influence sur des amis auxquels nous reconnaissons leur esprit d’ouverture et auxquels il est vrai nous ne partageons pas les mêmes convictions politiques, mais trouvent que notre engagement politique aux côtés du candidat Azali Assoumani, n’est pas de nature à susciter cet avalanche d’insultes et de calomnies dont vous vous êtes faits les artisans. Nous les remercions ici pour leur attachement à la démocratie.
Vous avez inondé les réseaux sociaux de reproches et vous avez fait de la violence verbale voire physique, le moteur de votre conduite. La terreur que vous avez amplifiée nous pousse aujourd’hui à briser le silence et à vous parler à cœur ouvert. Hegel avait bien reconnu le sens de la terreur : « sous son influence, le soupçon se transforme immédiatement en jugement. » Et c’est bien sûr le cas aujourd’hui. Notre réaction à nous tous ici ne relève d’aucune forme de colère mais plutôt d’un rappel à l’ordre moral et humain que la nature nous impose.
En nous déshumanisant par rapport à notre choix politique que nous assumons sans complexe, vous nous donnez la chance de reconnaître aussi plus clairement, de façon inter objective, vos propres limites. En portant ce regard objectif sur vous, nous avons l’immense joie de faire le tour de tout un champ de réflexion, d’une époque dont vous n'ignorez sans doute. Un champ de réflexion qui relève d’un système d’illusions.
Quand on est démocrate, on professe les valeurs humanistes de la tolérance et non l’apologie de la violence gratuite.
Vos insultes sont de nature à froisser les humains que nous sommes. Vous vous êtes toutes et tous érigés en juges dans ce tribunal qu’est « Facebook ». Et des personnes jugées normales accompagnent cette machine destructrice jusqu’à transgresser les règles élémentaires du vivre ensemble.
En tout cas, une chose est claire. Vous nous ne feriez pas regretter le choix qu’on a fait de soutenir le candidat Azali. Nous l’assumons pleinement tout en respectant le vôtre, tel est le jeu démocratique. Nous avons choisi notre choix par amour et par conviction.
Vous comme nous, quelles que soient nos orientations politiques, avons la ferme certitude que notre rêve est de voir notre pays rayonner et s’auto suffire dans tous les domaines. Nous n’avons pas le droit de vous douter sur ce point. Chacun est prié d’apporter modestement sa pierre à cet édifice. Mais ce n’est certainement pas ceux qui, durant ces mois de campagne, ont choisi la violence et la calomnie qui bâtiront les Comores de demain. Leur place est dans les poubelles de l’histoire.
Abdou Mouigni
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