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des Comores

L'ipoméa pied-de-chèvre sert à stabiliser la montée des eaux à Ouallah-I

L'ipoméa pied-de-chèvre sert à stabiliser la montée des eaux à Ouallah-I © : HZK-LGDC

La liane batatran ou encore l'ipomea pes-caprae, cette liane de bord de mer est utilisée à Ouallah-I (Mirereni) pour stabiliser le sol contre la monté de la mer. Si certains villages et villes côtiers tendent à disparaître à cause de l’emprise de la mer, il y a 50 ans, ce petit village de la région de Mledjelé reste presque intact à cause en grande partie de l'ipomée pied-de-chèvre qui tapisse tout le littoral.


A Mohéli, il n'est pas rare de voir la liane de bord de mer appelée « poumpou » en langue locale tapisser le littoral des villages situés sur les cotes. C'est une espèce de la famille de convolvulaceae, qui colonise les plages situées dans les régions tropicales. Bien qu'il s'agisse d'une plante très connue, en particulier sur les plages de sable fin, ces derniers temps, elle devient un peu  rare pour des raisons multiples.

Parmi ces raisons, le changement climatique mais aussi la conquête des espaces pour la construction des habitations qui poussent certaines personnes à l’arracher de son milieu d'habitat. Pourtant elle joue un rôle important dans la lutte contre la montée des eaux dont beaucoup de villages côtiers sont victimes à Mohéli.

« Il y a 20 ans de cela, cette liane colonisait presque toute la côte de Djoiezi. La montée de la mer était très insignifiante, mais dommage on l'a enlevé pour construire des maisons » regrette un sage de cette ville. Ce qui n'est pas le cas à Ouallah-I. Ce village situé à moins de 10m de la mer a compris l'importance de cette liane sur la côte.

Avec l'appui des personnes âgées, l'ipomée pied-de-chèvre a été massivement plantée dans ce petit village il y a plus de 5 ans. Dans ce village où avait élu domicile, Djumbé Fatima et sa famille, il est strictement interdit de construire toute sorte de maison dans l’espace envahie par ces lianes de bord de mer. Cette expérience semble marcher puisque selon les habitants de ce village, la montée de la mer n'a gagné aucun centimètre.

« Nous avons planté cette liane pour se protéger contre la montée des eaux. Je pense bien que sans sa présence, Mirereni serait rayé de la carte car de l’autre côté du village il y a encore une lagune qui relie les eaux de ruissellement » explique Bahama Madi Abdou Koukoulé, un vieux sage de la localité.

Riwad

 


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