Avec la présentation de son roman L’Éducation du fouet, l’écrivain Azhar de Youssouf a engagé, samedi, un dialogue profond sur la mémoire, l’enfance et les méthodes éducatives aux Comores.
Le CLAC de Nioumachoi a accueilli, le samedi 7 février, une étape marquante de la tournée littéraire de l’écrivain comorien Azhar de Youssouf, venu présenter au public son roman L’Éducation du fouet. Une rencontre culturelle forte, organisée en présence du directeur de l’Alliance française de Fomboni et du doyen des CLAC de Mwali, Ben Ymame Bacar, devant un public attentif et intergénérationnel. Prenant la parole en ouverture, Ben Ymame Bacar a retracé l’évolution de la production littéraire comorienne depuis 1995 jusqu’à nos jours. Il a rappelé l’existence, au sein des CLAC des Comores, d’un rayon dédié aux œuvres nationales, soulignant l’importance de leur valorisation et la nécessité de mettre régulièrement à jour le répertoire des auteurs comoriens. « Aujourd’hui, avec Azhar de Youssouf, nous touchons la littérature du doigt », a-t-il déclaré.
L’auteur a ensuite présenté son ouvrage, avant qu’un moment particulièrement émouvant ne marque la rencontre : la lecture d’un extrait du roman (pages 105 à 109, « Alors… coûte que coûte ») par Mirfati Fayid Bouchrane une jeune adhérente du CLAC, âgée de 10 ans et scolarisée en classe de 5ᵉ à l’école communautaire de Nioumachoi. Un symbole fort de la transmission et de l’appropriation du livre par les plus jeunes. Dans son intervention, Azhar de Youssouf a expliqué la genèse de L’Éducation du fouet, un roman inspiré de son enfance à Singani, dans une famille nombreuse, entre traditions, école coranique et enseignement public. À travers ce récit, l’auteur interroge les méthodes éducatives fondées sur la peur et le châtiment corporel, et leurs conséquences durables sur l’enfant, l’adulte et la société.
« Peut-on éduquer en faisant mal ? », s’interroge-t-il, insistant sur la nécessité d’une éducation fondée sur la bienveillance, le respect et l’humanité. Il a tenu à remercier le Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France, dont le soutien a permis la publication du roman, ainsi que son éditeur, Les Éditions Muse. Plus qu’une simple présentation d’ouvrage, cette rencontre au CLAC de Nioumachoi a été saluée par les participants comme un moment essentiel de dialogue direct entre un auteur et son public. Une illustration concrète du rôle des bibliothèques de proximité, appelées à devenir de véritables moteurs de la vie culturelle aux Comores. La tournée littéraire se poursuivra dans d’autres CLAC de Mohéli, notamment à Salamani, avec l’ambition affirmée de faire du livre un levier vivant de réflexion, de mémoire et d’espérance partagée.
Riwad
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