Création du Fonds National pour la Riposte d'Urgence, renforcement de la fiscalité pour lutter contre la fraude, initiatives pour soutenir l'agriculture locale, stabiliser les prix alimentaires, et investir dans les énergies renouvelables sont entre autres les nouveautés de la loi de finances rectificative 2024. Adopté la semaine dernière, ce projet de loi vise à adapter un budget de l'État aux défis économiques.
Voté récemment, le projet de loi de finances rectificative 2024, constitue un instrument essentiel pour ajuster le budget de l'État en cours d'exécution, en prenant en compte les fluctuations économiques imprévues. Cette révision intervient dans un contexte économique marqué par une reprise modérée de la croissance, un ralentissement de l'inflation, et l'engagement du pays dans un programme de Facilité Élargie de Crédit (FEC) avec le Fonds Monétaire International (FMI). Les enjeux macroéconomiques de ce projet reflètent à la fois les défis internes du gouvernement et les pressions économiques globales.
« L'un des objectifs clés de ce projet de loi est d'ajuster le budget en fonction de la nouvelle composition gouvernementale et des priorités émergentes. Il inclut l'intégration des enseignants, l'avancement des fonctionnaires, et la prise en charge de 309 nouveaux recrus de la police nationale. Ces ajustements visent à renforcer l'efficacité administrative et à répondre aux besoins croissants en matière de sécurité et d'éducation », lit-on dans l’exposé des motifs. De plus, l'augmentation des crédits pour les élections législatives et communales, ainsi que pour l'achat de véhicules de fonction et les missions extérieures, « témoigne de la volonté du gouvernement de garantir la stabilité politique et d'améliorer les services publics ».
Une autre dimension de ce texte est l'intégration de l'aide budgétaire de la France, qui apporte un soutien financier crucial pour maintenir l'équilibre budgétaire sans augmentation du budget initial. « Les recettes internes restent constantes à 66 817 500 000 francs comoriens, tandis que les dépenses diminuent légèrement, passant de 78 220 500 000 à 76 595 365 981 francs comoriens. Cette réduction des dépenses, combinée à la stabilisation des recettes, permet de réduire le déficit primaire à 7 221 465 980 francs, contre 8 846 600 000 initialement prévus », souligne-t-il.
Malgré ces ajustements, le faible taux de décaissement des budgets alloués aux ministères reste un défi majeur. Ce phénomène, observé lors des auditions ministérielles, entrave le fonctionnement des ministères et retarde la mise en œuvre des projets essentiels. Les ministres ont exprimé leurs préoccupations face à ces limitations budgétaires, qui freinent les efforts pour lutter contre la cherté de la vie et stimuler la croissance économique. « Plusieurs solutions ont été proposées, notamment le soutien à l'agriculture locale, la stabilisation des prix des denrées alimentaires de base, l'investissement dans les énergies renouvelables, et le renforcement des infrastructures numériques et de transport », nous dit-il. Enfin deux nouveautés, la création du Fonds national pour la riposte d'urgence et de résilience aux effets des catastrophes naturelles, visant à améliorer la capacité du pays à gérer les crises, mais également, le renforcement de la fiscalité en matière de prix de transfert, pour lutter contre la fraude fiscale et renforcer la transparence.
Ibnou M. Abdou
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