Après cinq mois d’expédition à travers l’Océan Indien, le navire Plastic Odyssey clôture sa mission régionale par une escale aux Comores, pays hôte de la présidence en exercice de la Commission de l’océan Indien. Du 30 juin au 11 juillet 2025, le pays accueille ce navire ambassadeur de la lutte contre la pollution plastique, dans le cadre du projet ExPLOI soutenu par l’Agence française de développement et le Fonds français pour l’environnement mondial.
Dernier pays membre à recevoir le navire après La Réunion, Maurice, Madagascar et les Seychelles. « Cette escale aux Comores se distingue par la présence à bord de scientifiques comoriens, aux côtés de chercheurs régionaux. C’est une occasion unique de renforcer nos capacités nationales en matière de recherche et de proposer des solutions locales et durables », a indiqué un représentant de la COI. Une campagne scientifique est menée à Mohéli entre le 23 et le 29 juin, avec des prélèvements d’eau pour analyser les microplastiques, des études sur les impacts microbiologiques de la plastisphère et un suivi des trajectoires des macro-déchets. Ces données alimenteront à terme les politiques publiques environnementales et les contenus d’enseignement supérieur.
À Ngazidja, bien que l’escale soit courte, les activités seront multiples. Des projections documentaires, des opérations de nettoyage de plage en partenariat avec la start-up Recyvie, des tables rondes avec des acteurs économiques et une conférence nationale figurent au programme. « L’objectif est de montrer que des solutions concrètes existent et qu’elles peuvent être renforcées », a déclaré un membre de l’équipe de Plastic Odyssey. Plus d’une douzaine d’initiatives comoriennes dans le domaine du recyclage ou de l’innovation écologique ont déjà été repérées. Parmi elles, les structures Recyvie et 2mains valorisent les déchets plastiques pour créer de l’emploi et fabriquer du mobilier urbain ou des contenants réutilisables. L’expédition invite d’ailleurs toutes les autres initiatives durables à se manifester.
La mission s’étend également aux autres îles. À Mohéli, première aire marine protégée de l’océan Indien, les activités ont coïncidé avec la journée de la tortue, en présence du Chef de l’Etat. À Anjouan, l’AFAM (Association des Femmes Actives de Mutsamudu) coordonnera les actions avec l’appui de l’Alliance Française. Durant l’escale, des conférences, expositions, visites scolaires et programmes de mentorat seront organisés. « Le but est de fédérer tous les maillons de la société : jeunesse, entreprises, chercheurs, citoyens, autorités », souligne Anfani Msoili, chargé de mission à la COI.
Plastic Odyssey et la COI prévoient un accompagnement au-delà de leur départ. « Nous construisons une communauté d’entrepreneures du recyclage, avec des formations, du coaching et un accompagnement technique », explique l’équipe du navire. Le projet envisage de déployer aux Comores des micro-usines conteneurisées inspirées de modèles locaux et internationaux. En parallèle, ExPLOI prévoit de financer des projets comoriens de prévention ou valorisation du plastique à travers des appels à projets, un appui technique et financier aux porteurs d’initiatives, un soutien aux politiques publiques en lien avec le ministère de l’environnement et l’ANGD, ainsi que des bourses pour les chercheurs et étudiants comoriens en partenariat avec l’IRD, et ce jusqu’en 2029.
Les enseignements tirés des précédentes ont permis d’identifier : À Madagascar, La Réunion ou Maurice, des projets innovants comme la fabrication de godets agricoles à partir de feuilles de bananiers ou le recyclage de dispositifs de pêche abandonnés. « Ces expériences nous rappellent qu’il existe déjà des réponses concrètes, mais elles doivent être partagées et répliquées à plus grande échelle », souligne un membre de Plastic Odyssey. Du côté de la COI, il est nécessaire de renforcer les politiques publiques, d’impliquer le secteur privé et de soutenir la recherche scientifique. « Nous devons passer à une économie circulaire, réduire l’importation de plastique, soutenir la recherche et aider les PME à se structurer autour de la gestion des déchets », plaide un représentant de l’institution régionale.
Mohamed Ali Nasra
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