La consommation de drogue et la délinquance juvénile prennent de l’ampleur dans le pays. L’ONG Hifadhu à travers son chargé de communication Elarif Minhadji lance un cri d’alarme sur ce fléau qui touche la jeunesse comorienne et met en danger son avenir.
La consommation d’alcool et de drogue, la montée de la délinquance juvénile voilà de quoi alerter l’ONG Hifadhu. Son responsable de la communication Elarif Minhadji a exprimé une inquiétude face à un phénomène alarmant qui frappe la jeunesse comorienne. Selon ses propos, la consommation de drogue chez les jeunes enfants devient un problème majeur, menaçant non seulement leur avenir, mais aussi celui de la nation. « Nous venons de découvrir qu’il y a un fléau suicidaire qui détruit l’avenir de notre pays. Nous sommes tous convaincus que l’enfant d’aujourd’hui est le responsable de demain. Pourtant, il y a deux ans déjà, on a alerté les pouvoirs publics que la consommation de drogue devient fréquente, parfois dès l'âge de sept ans. Ce phénomène nous inquiète énormément », a-t-il déclaré avec gravité.
M. Minhadji a révélé que les méthodes utilisées pour droguer les enfants sont particulièrement inquiétantes et cruelles. « On drogue les enfants en mettant des substances dans leurs boissons, mais la situation a pris une nouvelle dimension. Désormais, on verse de l'alcool dans les grillades que les enfants consomment, sans qu'ils en aient conscience », a-t-il expliqué. Cette tendance touche particulièrement les jeunes à proximité des établissements scolaires et au sein même des écoles, ces comportements sont observés lors des manifestations culturelles et événements publics. Il a également souligné les efforts de sensibilisation que l’Ong mène sur le terrain. « En tant que responsable, je me rends sur les plages et dans les établissements scolaires pour discuter avec les jeunes, leur expliquer les dangers de la drogue. Nous avons constaté que le comportement des enfants, en particulier lors des manifestations culturelles, reflète l'ampleur du problème. Nous menons actuellement des enquêtes pour mieux comprendre cette situation ».
Le constat est alarmant. La drogue, couplée à la violence, est un véritable fléau qu’il faut combattre. Pour cela, Minhadji appelle à une action concertée de tous les acteurs concernés. « Je lance un appel solennel à tous les acteurs relatifs à l’éducation de l’enfant dans le milieu scolaire, ainsi qu’aux partenaires comme la gendarmerie, et tous ceux qui œuvrent pour la protection de nos enfants. Il est urgent de s’unir pour faire face à ce fléau, sinon nous risquons de basculer dans une société de délinquance ». Il a même partagé des témoignages bouleversants : « J’ai enregistré le cas d’un enfant de 10 ans, violé par son enseignant, qui a été ensuite victime de violences sexuelles, ce qui a mené à une grossesse quand elle a atteint à l’âge de 15 ans. Ce drame est lié à la consommation de drogue ». Ce constat, selon lui, est un avertissement sur la situation critique de la jeunesse comorienne. Et Minhadji de conclure : « Ce phénomène est une bombe à retardement pour l’avenir de notre pays. Il est impératif d’agir maintenant pour protéger notre jeunesse ».
Mohamed Ali Nasra
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