La Gazette

des Comores

L’abandon des valeurs culturelles et cultuelles à l’origine du phénomène, selon Bassur Ismael

L’abandon des valeurs culturelles et cultuelles à l’origine du phénomène, selon Bassur Ismael © : HZK-LGDC

Trois jeunes d’origine comorienne ont été froidement abattus dimanche dernier à Marseille. Un énième drame qui vient s’ajouter à une longue liste de tragédies liées au trafic de drogue qui frappe la communauté comorienne du sud de la France. Pour Bassur Ismael doctorant en géographie du développement et travailleur social, l’abandon par les comoriens des valeurs culturelles et cultuelles a contribué à la montée du banditisme dans le milieu comorien.


Encore une fusillade impliquant des comoriens résidant dans la cité Phocéenne. Près d’une vingtaine de décès liés au trafic des stupéfiants ont été enregistrés depuis le début de l’année. Contacté par La Gazette des Comores, Bassur Ismael doctorant en géographie de développement et travailleur social estime que le problème de fond n’est pas abordé. D’après-lui, la démission de la République dans ces zones a accentué la précarité et l’économie criminelle. La guerre d’espace fait rage dans ces quartiers. L’autre constat dressé, c’est l’abandon progressif des valeurs auxquelles les comoriens de France sont attachés et qui ont longtemps constitué un rempart contre la dépravation. « La société comorienne d’autre fois avait un lien viscéral avec les traditions et coutumes de leur pays d’origine. La question de l’honneur pesait dans leur conscience. On craignait de déshonorer ses proches. La religion constituait un tour de guets », fait-il observer.

 Et de poursuivre : «Aujourd’hui, la troisième, voir quatrième génération abandonne cette importante richesse culturelle. Elle pense même la tronquer contre d’autres. Il y a l’effet des familles qui se monoparentalisent. » M. Ismael ne croit pas que ces jeunes dont la majorité ne connait rien de leur pays d’origine, devraient toujours être rattachés à des repères autres que celles de la France où ils sont nés et ont grandi. « C’est ce qui est tragique. Des enfants qui ne connaissent même pas les Comores et qui sont tout le temps renvoyés à ce pays. Mais leurs repères devraient être des repères français. Ils sont français. Pourquoi vouloir les renvoyer à des racines qui ne les portent pas. C’est leurs parents qui sont peut-être comoriens », lâche-t-il.

Pour espérer pouvoir endiguer l’enrôlement des jeunes comoriens dans les milieux de grand banditisme, travailleur social qu’il est et qui intervient dans ces quartiers difficiles, il préconise la rééducation par les valeurs islamiques de respect et d’attente. « Ensuite, encadrer les enfants par une éducation familiale composée de deux parents. La société doit aussi s’organiser autour des actions d’encadrement par le biais des maisons sociales qui porteront des activités citoyennes, professionnelles et éducatives », ajoute-t-il. Selon des études datant de l’année 2014, le taux de décrochage dans les quartiers prioritaires de Marseille était de 23% des jeunes de 18 à 24 ans ayant été exclus du système scolaire français.

Maoulida Mbaé

 


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