Le ministre de l’économie a signé un arrêté le lundi 04 avril dernier encadrant les prix de certains produits de première nécessité, durant le mois sacré de ramadan, en soutien au pouvoir d’achat des ménages. Mais après avoir sillonné presque tout Mutsamudu et Mirontsy, la réalité sur le terrain laisse le consommateur dubitatif. L’arrêté n’a aucun effet ici à Anjouan.
Au marché de Mutsamudu, dans les boutiques, sur les brouettes et aux marchés, la réalité des choses est loin de ce qui a été annoncé par l’arrêté ministériel fixant les prix de certains produits de première nécessité durant ce mois sacré du ramadan. Et les vendeurs n’ont pas du tout apprécié la démarche du gouvernement. « C’est une situation qui devrait-être bien étudiée et cette mesure serait mise en place, un à deux mois avant le ramadan. Les politiques ne se réveillent que dans l’urgence (vie chère, ndlr) », déplore Oussene Mahamoud, vendeur ambulant qui reste convaincu que si c’est de cette manière qu’on veut gouverner, le pays n’ira nulle part ».
Selon un fonctionnaire, le pays ne peut pas se développer à ce rythme. « Durant le règne de Sambi et Ikililou, le petit citoyen mangeait à sa faim. Et aujourd’hui, on est loin du compte », lance ce proche de l’ancien Rais Sambi. Ce Sambiste de la première heure remercie par contre le bon Dieu pour la manière dont se passe le ramadan. En réalité, les prix fixés par l’arrêté ministériel ne sont respectés nulle part. Il n’est pas étrange, il suffit juste de faire deux à trois pas pour comparer les prix.
L’huile végétale se vend à 1400 fc au lieu du plafond de 1100 fc, et l’eau minérale fixée à 250 fc se vend 500 fc dans la boutique. Comment imposez-vous des prix alors qu’on n’arrive pas à exiger l’affichage des prix dans les magasins ? Par contre, des vendeurs ambulants liquident des marchandises presque au même prix que ceux fixés par l’arrêté du ministre. Pour un petit constat, faire des courses en achetant chez les petits marchands ambulants (brouettes), permet d’économiser jusqu’à 20%. « J’ai acheté des vermicelles à 400 fc le paquet au lieu de 500 fc et une boite de lait à 325 fc au lieu de 450 fc à la boutique et un kilogramme de sucre à 500 fc au lieu de 600 fc chez l’épicier », témoigne une dame de la quarantaine avec son panier.
Durant nos déplacements, on observe aussi une flambée des prix des produits locaux, qui sont de plus en plus rares en cette période de ramadan. Même la région de Nyoumakélé qui était réputée être le grainier de l’ile d’Anjouan, traverse une situation alarmante de baisse de production des denrées alimentaires locales, selon nos confrères de l’ORTC.
Nabil Jaffar
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