Le ministère de l’éducation nationale a annoncé la reprise des cours d’ici le 1er juillet prochain puis la tenue des examens de fin d’année un mois après. Une décision qui ne fait pas l’unanimité du fait que selon toute vraisemblance, aucune mesure pérenne n’a été prise pour combler le vide des deux autres mois de crise. Un calendrier serré qui met à mal la tenue des examens nationaux de fin d’année.
Avec l’avènement de la Covid-19, le secteur éducatif est plus qu’impacté. Dans la meilleure des conditions de prévention, le gouvernement comorien a pris, avant que le premier cas positif ne soit officiellement déclaré, la décision de fermer les écoles par précaution. Et de là, le ministère cherche les voies et moyens pour accompagner le secteur et éviter une année blanche. Des cours en télé-enseignement et en ligne sont au programme pour assurer la continuité de l’année scolaire. En fonction de l’évolution de la situation dans l’archipel, le ministère de l’éducation nationale fixera d’autres mesures.
La tenue des examens nationaux de fin d’année est la priorité des priorités. Dans une note circulaire datant du 13 mai dernier, le ministère, se conformant à un nouveau calendrier, a annoncé que « les examens de fin d’année se dérouleront du 08 août au 05 septembre 2020 ». Une décision qui ne passe pas au sein de la communauté éducative et qui suscite une indignation du moment où la rentrée scolaire et universitaire est prévue le 1er juillet soit un mois avant la tenue des examens et la fin de l’année scolaire.
« Comment en un mois on peut finir le programme, se faire évaluer et se préparer à un examen ? », s’interroge Matoir Abdou, un élève de la terminale. Abdou Mohamed, un directeur d’une école privée, s’aligne sur cette position. Ce dernier exige en effet du ministère plus d’éclaircissements sur le sujet. « On nous dit que la reprise des cours est fixée au 1er juillet, c’est peut-être une bonne décision. Mais le ministère oublie qu’aucune disposition fiable n’a été prise pour assurer le suivi des cours à distance », s’indigne le directeur en expliquant que pour ce qui est du télé-enseignement et des cours en ligne prévus, « il faut comprendre et savoir que ce ne sont pas tous les élèves qui ont accès à internet, que les coupures sont monnaie courante et que ce ne sont pas toutes les familles qui ont un abonnement télé ».
Joint au téléphone pour davantage d’explications sur les procédures des examens de fin d’année, le directeur de l’office nationale des examens et concours (ONEC), Abdou Ali explique qu’un travail a été fait au niveau de l’inspection pour évaluer sur ce qui a été fait. Conscient de l’impact causé par la pandémie, ce dernier laisse comprendre qu’un mois c’est insuffisant pour finir l’année en cours et les examens pourraient se baser sur les deux premiers trimestres. « Nous nous préparons à toute éventualité. Nous avons pris toutes les dispositions mais on attend la décision des autorités pour savoir si les cours seront repris ou non », nous a-t-il dit. De son côté le ministre de l’éducation n’a pas donné suite à notre requête. Nous voudrions savoir plus sur les mesures prises pour préparer les élèves en un mois seulement et les dispositions qu’il a prises.
A.O Yazid
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