La Gazette

des Comores

Maison d’arrêt de Moroni 323 détenus dans des conditions inhumaines

Maison d’arrêt de Moroni  323 détenus dans des conditions inhumaines © : Comores-infos

Environs 323 prisonniers se trouvent incarcérés à la Maison d’arrêt de Moroni dans des conditions humainement inacceptables. Ces détenus ont même déclenché une grève de la faim, pour réclamer leurs droits et une vie décente durant leur période d’incarcération.


Exiguïté des cellules, insalubrité, entassés comme des sardines, 323 locataires de la prison de Moroni se trouvaient encore hier lundi 18 juillet dans des conditions humainement inadmissibles, soit trois fois la capacité d’accueil de cet établissement pénitentiaire construite aux années 60. D’après nos informations, certains de ces détenus ne trouvent même pas un endroit pour s’assoir ou s’allonger. Quant aux soins, il s’agit d’un véritable marathon et il faut encore avoir le bras long et des ressources, sans oublier que ce milieu carcéral est déjà touché par la gale, une maladie infectieuse favorisée par la saleté.

Contacté par nos soins, le directeur des prisons Soilihi Ali Said reconnait que la surpopulation est une réalité, mais le ministère de la justice est à pied d’œuvre afin de trouver une solution. « Il est vrai que la prison est surpeuplée mais le ministère est en train de chercher une solution pour décanter la situation. Quant aux soins, nous faisons notre possible, mais il est difficile   surtout avec « la gale ». Disons que la surpopulation ne facilite pas la tâche », souligne-t-il. 

Au-delà de ces conditions inhumaines s’ajoutent des problèmes d’eau, de nourriture insuffisante et sans oublier les odeurs nauséabondes des caniveaux, qui rendent l’air irrespirable pour ces détenus. Ces conditions ont conduit à un déclenchement de grève samedi dernier. D’après nos informations, une cellule de crise a été mise en place par le ministère de tutelle afin d’examiner la situation. Joint par nos soins, la présidente de la CNDHL (Commission nationale des droits de l’homme et des libertés), Sittou Raghadat Mohamed, fait savoir que cette surpopulation et l’insalubrité ont été à maintes reprises constatées et notifiées dans leurs rapports annuels. « Nous avons toujours dénoncé ces conditions à travers nos rapports et nos réunions. À chaque fois qu’il y a un problème, nous vérifions la source, nous nous rendons sur place et par la suite nous dénonçons les faits auprès du ministère. Maintenant, il appartient au ministère de répondre, il a été interpellé et il doit agir. Notre tâche est de dénoncer ces conditions d’insalubrité et nous le faisions depuis trois ans », insiste-t-elle.

En tout cas, il n’y a aucun changement notoire depuis de nombreuses années, malgré les annonces de projets de réhabilitation des prisons, restées lettres mortes, au fil des régimes successifs. Tous ces détenus n’ont qu’à prendre leur mal en patience, sachant que nombreux parmi eux attendent toujours d’être jugés depuis des mois, sinon des années.

Andjouza Abouheir

 

 


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