Cela va faire trois jours que les zones périphériques de l’île de Ngazidja sont privées d’électricité. Selon nos informations, cela serait dû à la non livraison par la Mamwe d’une huile indispensable à l’entretien des groupes électrogènes de la centrale de Voidjou.
Depuis trois jours, c’est le noir total dans les zones périphériques de l’île de Ngazidja. Les citoyens de ces localités sont revenus à la case départ avec les bougies. A Mdjoiezi Hambou, tôt dans la matinée, on entend le ronronnement des groupes électrogènes des rares personnes qui en disposent, pour s’éclairer mais surtout pour conserver leurs produits frais.
Maman Assas, la cinquantaine, possède une épicerie où elle vend des produits carnés. Dans son congélateur, elle avait deux cartons de cuisse, deux d’ailes de poulet et un carton de poisson. Mercredi dernier, elle était contrainte de vendre à crédit tous ses produits pour éviter qu’ils ne pourrissent dans son congélateur désespérément chaud. « Je ne voulais pas prendre des risques. On sait très bien que si la viande ou les ailes de poulet ne sont pas bien conservées, cela peut générer des maladies si on en consomme », affirme-t-elle.
Hier jeudi, le matin, cette femme avait la conscience tranquille. « Maintenant, je peux manger et boire de manière apaisée. La Ma-mwé peut nous fournir ou non de l’électricité mais j’ai épuisé tout mon stock de produits carnés », relativisait-elle. Pour autant, plusieurs citoyens de cette localité se gardent de manger du poulet en cette période de grande obscurité. « En temps normal, avec une Mamwe qui livre de l’électricité de façon continue, il n’est pas rare qu’on nous vende des produits avariés. N’en parlons plus avec des groupes électrogènes. En ce qui me concerne je vais manger du poisson et de la sardine tout au long de cette période », lachee une femme, la trentaine qui n’a pas voulu dévoiler son nom.
Dans cette même localité, une autre était obligée de cuisiner tout son stock afin d’éviter qu’il n’atterrisse dans une poubelle. « C’est un sale coup que la Ma-mwé nous fait », peste cette mère de deux enfants, avant de se demander « pourquoi la Ma-mwé ne nous a pas prévenus afin que nous puissions prendre nos précautions».
Mardi dernier, jour de l’avènement de la grande obscurité qui sévit, les localités de la région de Hambou Djoumoipanga s’interrogeaient sur le pourquoi de ces délestages non interrompus, surtout que … « Le soir du mardi, on était tous dans le noir mais de Mitsoudjé à Chouani, il y avait de l’électricité. On se demande pourquoi on ne nous traite pas de la même manière alors que nous payons comme eux, nos factures à la société chargée de fournir le courant», lâche une mère de Dzahadjou.
De son côté, la direction de la Ma-mwé justifie ces délestages par la révision de l’un des groupes de la centrale d’Itsambouni mais aussi par un réseau électrique en mauvais état. Le directeur général a parlé de la coupure des câbles dans différentes régions de l’île. « Si aujourd’hui, la population ressent l’impact, c’est parce que ce sont des évènements qui se sont produits en même temps », a expliqué Abdou Said Mdahoma, le directeur général de la Ma-mwé, avant de préciser que « nos moteurs doivent à tout prix être révisés. Voilà, pourquoi les zones périphériques sont dans le noir. Et la centrale de Voidjou n’assure que Moroni seulement ». Ce dernier affirme que d’ici mardi, les problèmes seront résolus.
Mohamed Youssouf
Encadré
Selon Bernard Oliaro qui s’occupe de la maintenance de la Centrale de Voidjou, la quasi obscurité qui frappe l’île en dehors de Moroni, est due au manque d’huile nécessaire pour l’entretien des groupes électrogènes. Ce dernier explique qu’ils étaient obligés d’arrêter des groupes électrogènes et en réduire la puissance. « Ce matin, n’ayant toujours pas reçu l’huile nécessaire à l’entretien des groupes de Voidjou, j’ai du me résoudre à arrêter deux groupes et donc de couper les départs 2, et 3, afin de réduire au maximum la puissance à fournir. Je suis toujours dans l’attente de Mamwe, qui doit me fournir cette huile ». Pour rappel, les départs 2 et 3 concernent toute l’île à l exception de Moroni. Selon ce dernier, une commande d’huile a été faite à la Ma-mwe depuis plusieurs mois mais la société n’aurait pas renouvelé son stock. L’huile en question sert à lubrifier les moteurs et doit être changée entre 250 et 500 heures de fonctionnement suivant sa qualité et les conditions d utilisation. Dans le cas de Voidjou, c’est toutes les 370 heures avec une huile de qualité ECF2.
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC