Le préfet du centre a reporté la marche de la société civile visant à dénoncer l’opération Wuambushu, du nom de ce projet d’expulsion massive des Comoriens de Mayotte que la France considère comme des sans-papiers.
C’est un acte administratif incompréhensible pour la société civile. Alors qu’elle avait appelé à une mobilisation vendredi 21 avril dernier pour dénoncer l’opération d’expulsion des comoriennes de Mayotte considérés comme des « sans papier » par la puissance occupante, le préfet du centre a décidé d’interdire cette marche. Ce dernier a rejeté la requête du Comité Maoré évoquant une « période hautement mouvementée par les activités culturelles et commerciales qui animent la ville de Moroni ».
Ce motif est jugé très léger compte tenu de la situation qui prévaut actuellement sur l’ile comorienne de Mayotte. Vendredi 21 avril dernier, devant le Palais du peuple, les quelques manifestants sur place ont exprimé leur colère. Ils considèrent « caduc », l’argument avancé par le préfet. « Le préfet a avancé qu’ils ont pas assez d’éléments pour sécuriser notre manifestation, c’est faux car les forces de l’ordre sont sur la route. Pourquoi ne sont-ils pas disposés à nous sécuriser ? Il y a anguille sous roche. Nous devons tous manifester contre cette opération. Il s’agit de nos compatriotes », a martelé un manifestant sur place.
Rappelons que cette tentative avortée de marche, intervient deux semaines après le rassemblement tenu au Foyer des femmes de Moroni. Un cortège était prévu entre le Palais du peuple de Hamramba et la place de l’Indépendance avec comme seul slogan, « Contre les déplacements forcés d’une partie de la population de notre pays !!! ».
À Moroni le gouvernement dit privilégier le dialogue avec la France. Dans son discours à l’occasion de l’Aïd Elfitr, le chef de l’Etat Azali Assoumani se dit attaché encore au dialogue avec la France. « J’ose espérer que la partie française, tiendra compte de la position du gouvernement comorien, sur ce différent territorial qui oppose notre pays à la France sur l’ile comorienne de Mayotte. Nous privilégions la recherche de perspectives nouvelles, pour trouver une solution à ce contentieux désagréable qui dure depuis plus d’une quarantaine d’années, dans le respect du droit international et des intérêts bien compris de nos deux pays », déclare-t-il. Tandis que son porte-parole a annoncé dans les colonnes de nos confrères d’Alwatwan que Moroni refuse d’accueillir les expulsées de l’ile Mayotte.
Pour l’heure, seul le gouverneur d’Anjouan a s’est joint à la société civile pour appeller, lui aussi, quoique indirectement, à la mobilisation. « Avons-nous les pieds et poings liés ? », s’est-il interrogé dans une vidéo devenue virale. Pour rappel, le projet d’expulsion et de decassage est prévu de démarrer dès hier lundi 24 avril selon plusieurs médias français.
Andjouza Abouheir
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