Depuis le passage du cyclone Chido à Mayotte, c’est un ballet incessant des politiciens français pour venir constater les dégâts, mais aussi en mettre une couche sur leur sujet de prédilection, l’imaginaire « immigration illégale » dans l’île. Après le président Macron et son fameux « vous êtes contents d’être français », c’est plus d’une dizaine de personnalités politiques qui défilent dans le département le plus pauvre de France et de Navarre. Alors que la situation tend à se normaliser, sur le plan des vols aériens, les habitants de l’île sont toujours dans l’incertitude des lendemains.
Le pire est peut-être passé et on l’espère de tout cœur, mais ceux qui habitent l’île vivent avec la hantise de voir la situation du 14 décembre se reproduire à tout moment. Chaque goutte de pluie, chaque mouvement anormal du vent fait ressurgir chez les survivants les pires moments du cauchemar Chido. Des fortes pluies ont inondé une bonne partie de l’ile plus particulièrement le bidonville de Kawéni totalement inondé. C’est dans ce contexte que la leader du parti d’extrême droite, Marine Le Pen s’est rendue dans l’île comorienne de Mayotte. A sa descente d’avion, la patronne du Rassemblement National a été accueillie par ses militants. Interrogée par la presse, Le Pen dira : « J’espère que la souffrance des Mahorais suffit à mettre la pression sur le gouvernement. Je n’ai pas besoin de mettre une pression supplémentaire. » Elle a surtout souhaité que le gouvernement tienne parole. « J’ai entendu des promesses, je considère que les promesses qui ont été faites aux Mahorais qui sont dans une souffrance folle ne doivent pas être oubliés. » Mais que serait une visite de Marine Le Pen à Mayotte sans évoquer son sujet de prédilection, l’immigration.
La patronne du RN à l’assemblée nationale française est revenue sur les moyens mis en place par l’Etat français à Mayotte. Selon elle, quel que soit l’argent que l’Etat français mettra sur Mayotte, cela n’aboutira à rien sans régler le problème de l’immigration, c’est-à-dire nettoyer l’île de toute présence comorienne. « Donner de l’argent à Mayotte ne servirait à rien si on ne réglait pas le problème de l’immigration clandestine. » Invitée au journal de 20heures sur la première locale, la dirigeante d’extrême droite a remis une couche sur la façon dont il faut régler le problème de l’immigration, qui passerait selon elle par la suppression des droits des sans-papiers, une thèse déjà véhiculée par une partie de la classe politique française qui se dit républicaine.
« Ce problème passe entre autres par une politique dissuasive, suppression du droit du sol, suppression des régularisations de clandestins », dit-elle. Et d’appeler à une réponse diplomatique plus ferme vis-à-vis des Comores. « Il faut leur dire ça suffit, on siffle la fin de la recréation. Maintenant vous allez reprendre vos ressortissants, si vous ne les reprenez pas nous mettrons en place des mesures de rétorsion diplomatiques sur le plan des visas et pas seulement des Comoriens, et des dirigeants et leur famille », fulmine-t-elle, oubliant qu’aucune règle du droit international ne reconnait l’occupation de Mayotte par la France.
La députée du Nord va un peu plus loin en menaçant certains dirigeants comoriens qui ont la double nationalité de figurer dans la liste de ceux qui vont être punis par sa majesté la France. Une arrogance de plus en plus insupportable par les opinions publiques africaines et pourtant qui continue à nourrir le discours des politiques français à l’endroit des africains. Pas plus tard que lundi dernier lors de la conférence annuelle avec les ambassadeurs français, c’est à peine si le président Macron n’avait pas demandé aux africains de faire acte de s’excuser pour avoir été ingrats à l’endroit de l’ancienne puissance coloniale. « Je crois qu’on a oublié de nous dire merci, ce n’est pas grave, ça viendra avec le temps. L’ingratitude, je suis bien placé pour le savoir, C’est une maladie non-transmissible à l’homme. » Sur ce dernier point, au moins il a raison, sachant ce qu’il a fait à son mentor, le président Hollande.
C’est sur son chemin de retour en France, que Marine apprendra la mort de son père Jean-Marie Le Pen, à l’âge de 96 ans. Un personnage au passé controversé, qui est à l’origine de la création du Front national, le parti d’extrême droite, devenu aujourd’hui Rassemblement national, classé en tête des résultats aux dernières élections législatives de juillet 2024.
Imtiyaz
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC