La Gazette

des Comores

Mayotte 17 mai, la société civile parle d'un mépris

Mayotte  17 mai, la société civile parle d'un mépris © : HZK-LGDC

La rencontre de l’Elysée prévue le 17 mai dernier était présentée comme une journée décisive pour le statut évolutif de l'île comorienne de Mayotte au sein de la République française. Le 17 mai fut en réalité un camouflé pour ne pas dire un rendez-vous manqué pour les élus mahorais à qui on a promis monts et merveilles depuis un demi siècle. Un nouveau rendez-vous pour enrichir nous dit-on le texte initial qui devait être leur présenter.


Faire contre mauvaise fortune bon cœur. C'est en tout cas la ligne politique que semblent privilégier les élus mahorais pour masquer leurs frustrations face à un rendez-vous qui a été vendu comme historique par la ministre des outre-mer. « Nous avons pris l'engagement de présenter deux projets de loi. Un projet de loi constitutionnel (droit du sol) et autre appelé projet de loi Mayotte » avait-elle promis en substance. En réalité ce fut une douche froide pour les élus mahorais et autre rendez-vous manqué pour le gouvernement Macron.

 

Les élus de Mayotte sous la houlette du conseil départemental ont élaboré 120 propositions pour mieux enrichir les deux textes notamment dans le domaine sécuritaire en demandant plus de moyens pour mieux lutter contre l'immigration clandestine. « Contraint aux angoisses de tout le monde, Mayotte a parlé d'une voix très ferme et on a été très précis tant est si bien que le président de la République a demandé au gouvernement de revoir sa copie » a tenté de se justifier la député au discours proche des thèses de l'extrême droite, Estelle Youssoufa originaire de la région de Mbadjini à Ngazidja.

 

Le député LR, Mansour Kamardine a salué une réunion constructive. « Cette réunion a été bénéfique pour le territoire, dans les attentes des mahorais et maintenant nous attendons les convocations, les invitations. » La ministre déléguée aux outre-mer, Marie Guevenoux a essayé de justifier ce contre-temps. « On aurai pu transmettre un texte, mais quand il y'a eu des échanges avec les parlementaires on a vu qu'il y'avait un certain nombre de sujets où il fallait aller un peu plus loin ou il fallait enrichir les propositions » par souci de mieux prendre en compte les recommandations des élus mahorais.

 

Cet optimisme ambiant de la classe politique n'est pas du tout partagé par les associations de la société civile. « Il y a du mépris dans cette histoire. Le ballet ministériel auquel on a assisté à Mayotte était pourtant bien censé préparer cette rencontre. Il est compliqué de dire qu'il nous faut encore du temps. Du temps nous en avons pris » s'est lâchée Yasmina Aouny, écrivaine et membre des forces vives. Et l'écrivaine d'appeler au sursaut des mahorais. « Ce qu'il nous faut, c'est du courage. Si nous n'avons pas été largués par la France c'est parce que nos anciens ont eu du courage. Il faut sortir de la peur d'être largués » en mettant d'accord la classe politique et la société civile à t-elle souhaité.

 

Imtiyaz

 


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