Vingt ans après son lancement, la télévision nationale célèbre un parcours marqué par des défis techniques, humains et financiers. De sa création en 2006 à aujourd’hui, l’Ortc s’est progressivement imposée comme un outil essentiel d’information et de cohésion nationale, malgré des débuts modestes et une évolution jalonnée de réformes et d’innovations.
Le 7 avril 2006, sous la présidence d’Azali Assoumani, la télévision nationale voyait officiellement le jour, offrant au pays un outil de communication audiovisuelle jusque-là inexistant. Vingt ans plus tard, l’Office de radiodiffusion et télévision des Comores (Ortc) célèbre son anniversaire avec un regard tourné vers son riche parcours. À ses débuts, la télévision fonctionnait dans des conditions précaires. Selon Hamada Madi Boléro, premier directeur opérationnel de la chaîne, l’ambition était claire malgré le manque de moyens : « Notre objectif était de faire en sorte que la télévision soit ouverte à tous. Nous avons commencé avec presque rien, ni ressources humaines suffisantes ni équipements techniques adaptés ».
Bien avant son lancement, le projet de télévision nationale avait déjà été amorcé sous le régime du feu président Taki Abdoulkarim. À cette époque, les premières installations avaient bénéficié de l’appui de la République populaire de Chine, notamment pour la mise en place des infrastructures de base. Par la suite, l’Arabie Saoudite avait contribué à renforcer certains équipements logistiques et matériels. Entre 2006 et 2010, plusieurs directeurs se sont succédé à la tête de l’Ortc, notamment Radhuiya et Djanfar Ahmed Mansoib. Une période de transition marquée par des moyens limités mais une volonté de faire progresser l’institution. « Chacun a fait ce qu’il a pu avec les moyens du bord », témoigne Moinadjoumoi Papa, ancienne rédactrice en chef. De 2010 à 2014 avec l’arrivée de Soilih Mohamed Soilih à la direction, sous la présidence d’Ikililou Dhoinine, la télévision comorienne franchit un cap décisif en accédant à la diffusion par satellite, permettant ainsi aux images des Comores d’être visibles à l’international. « C’est une ouverture majeure qui a permis au pays de se faire connaître au-delà de ses frontières », souligne la présentatrice vedette Echata Hassane.
Durant cette période, une loi adoptée à l’Assemblée nationale instaure une redevance audiovisuelle, intégrée aux abonnements de Ma-Mwé. Cette contribution financière constitue une véritable bouffée d’oxygène pour l’Ortc, facilitant son développement et le recrutement de nouveaux agents. Entre 2014 et 2020, l’institution connaît une instabilité à sa tête avec la succession de plusieurs directeurs, dont Abdallah Sandi, Moussa Bakari Ali Djamal, Ahmed Ben Said Djaffar et Salim Hafi. Malgré cette alternance, des avancées notables sont enregistrées, notamment en matière d’équipements et d’amélioration des plateaux techniques. « Cette période a permis de moderniser certains aspects de la production », rappelle Oussama Ben Ahmed, chef du desk sport.
Depuis 2024, l’Ortc est dirigée par Assoumani Hablane, dont la gestion est saluée par plusieurs collaborateurs. En moins de deux ans, des réformes importantes ont été engagées, notamment l’amélioration des conditions de travail, la valorisation du personnel et la mise en place de moyens de transport pour les agents. « Aujourd’hui, les employés sont fiers d’appartenir à cette institution », affirme Faissoili Mohamed, chef de programme. Parmi les projets phares figure l’autonomisation énergétique de la télévision nationale, un chantier stratégique pour garantir la continuité des services. Vingt ans après sa création, l’Ortc s’impose comme un pilier du paysage médiatique résolument tourné vers la modernisation et l’avenir.
Ibnou. M. Abdou
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC