C’est dans la salle de spectacle du Palais du peuple que s’est tenue, le samedi 23 décembre dernier, la première édition de MERIT-COM. Une cérémonie dédiée à ces femmes et hommes comoriens qui ont consacré leur vie au travail, et dont leur engagement fait la fierté de notre nation. Une première au pays.
« Hier, je regardais avec fierté ce beau monde sur scène. C’est une grande première et le pays en a tellement besoin ». Ce sont les mots de Kamaria Awadhi, ancienne experte internationale du système des Nations Unies et Présidente d’honneur de l’association Humanicom qui figurait parmi les lauréats. Pour cette première édition, la fondation Hazi Haki, qui prône la valorisation du mérite, a sélectionné 19 lauréats dont 3 à titre posthume. « Les critères de sélection étaient variés mais le plus important était que l’on voulait mettre en avant des personnes qui se sont démarquées par leurs compétences, leurs efforts et leurs réalisations », a expliqué Said Abdallah Mchangama, pionnier de Hazi Haki.
Parmi les personnes récompensées, certaines exercent à l’étranger et étaient représentées par leurs proches. C’est le cas du commandant Mohamed Moussa, pilote Airbus A320 et Expert aéronautique, Abdoul Oubeidillah, hydro-climatologue et Professeur assistant à l’Université de Texas ou encore Chifaou Abdallah, médecin neurologue dont les travaux sont publiés dans les grandes revues médicales canadiennes et américaines. « Nous avons décerné à nos couronnés, un certificat de reconnaissance mais également, un plant d’arbre fruitier emballé dans un sac en natte de cocotier tressé. C’est dans la philosophie de notre groupe de réflexion, Hayba Echanges Citoyens, qui encourage chacun à planter « mri wa mahaba », littéralement un arbre d’amour », a expliqué Me Samina Chakira, juriste et pionnière de Hazi Haki.
Des plants qui sont à un stade précoce de croissance et qui symbolise aussi l’amour de la fondation de transmettre ces valeurs d’excellence et de réussite, à la jeune génération. « C’est aussi et surtout pour eux qu’on fait tout ça. Une société sans valeur ni mérite est vouée à l’échec ». Une soirée riche en émotion avec un hommage particulier rendu à Damir Ben Ali, historien, anthropologue et chercheur, et dont les travaux ont contribué à renforcer la connaissance de notre histoire. Beaucoup pensent qu’il fallait oser imaginer la réalisation d’un tel événement et que cela libérera des énergies. Les secteurs représentés étaient variés avec 3 ONG, Humanicom qui évacuent des enfants malades en situation précaire, Dahari, une ONG agricole et Ulanga wa Ngazidja qui milite et agit pour la protection de l’environnement. On compte également des lauréats qui s’illustrent dans le tourisme, l’entreprenariat, l’art, le sport ou encore la science.
A titre posthume, Dr Said Soimihi, médecin et Directeur du premier Centre d’imagerie aux Comores et Said Tourqui Charif, un pionnier de l’entreprenariat aux Comores ont été honorés et représentés par leurs proches. Le moment fort de la cérémonie était probablement la remise du certificat de reconnaissance décerné à feu Ali Mzé Ahmed, Directeur et co-fondateur du Groupe Scolaire Fundi Abdoulhamid, à la coopérative scolaire de l’école. « Il était un père, un grand-père et un éducateur pour nous. On espère que de là-haut, il est fier de nous", a lu dans son discours, Malek Houssein, en classe de 1ère et VP de la coopérative GSFA. Une soirée à laquelle le président de la République et ses ministres ont assisté, ainsi qu’un parterre de personnalités illustres.
S.Ch
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