Après l’assassinat d’Amina Barwane par son mari, Chamsoudine M’madi Said connu sous le nom de ‘’Muo wa mbwa (âme cynique)’’, le procureur de la République a fait le point sur l’enquête devant la presse. Au cours de celui-ci, Mohamed Abdou a pris en exemple la preuve de maturité des habitants de Foumbouni et de Malé pendant l’affaire du jeune calciné aux environs de Panda.
« D’après les premières constatations, l’OPJ privilégie la piste d’un crime passionnel causé par un excès de jalousie », déduit le procureur de la République, Mohamed Abdou. Affirmant que la victime aurait reçu deux coups de couteaux dont un au niveau de la clavicule et un autre au niveau du ventre, le magistrat précise qu’avant ce meurtre ‘’ignoble’’, le suspect aurait eu des rapports sexuels avec la victime.
Arrêté et placé en garde à vue, il serait passé aux aveux selon le procureur de la République. « Il a affirmé avoir eu des rapports sexuels avec sa femme mais qu’il doutait que celle-ci le trompait, ce qui serait le motif de son meurtre », relate Mohamed Abdou qui ajoute qu’après les premières constatations, le meurtrier aurait été dans un état vraisemblablement d’ivresse. « Ce sont les éléments dont nous disposons actuellement », précise-il.
Face à cette situation, une délégation du village de Hélendjé dans le Mboudé où sont natif Chamsoudine M’madi Said et Amina Barwane composée du père du suspect et d’autres personnes aurait pris d’assaut le palais de justice pour voir le procureur qui aurait refusé de les recevoir. Mohamed Abdou dit que le fait de ne pas les recevoir n’avait rien d’un mépris de sa part. « Déjà je ne savais pas le motif de leur déplacement. Encore plus, les comoriens ont cette habitude de vouloir rencontrer les magistrats. Il est à préciser que c’est au même moment que les gendarmes me faisaient part du premier rapport », s’explique-t-il avant de solliciter un changement de mentalité surtout face à une telle situation.
Le procureur appelle au calme et annonce qu’une enquête préliminaire a été ouverte et qu’une information judiciaire sera ouverte et le dossier transmis à un juge d’instruction. « La procédure surtout qu’il s’agit d’un crime. Au final, cela reviendra à la cour d’Assises de trancher et infliger au suspect la condamnation », rappelle-t-il. Pour ce qui est de la peine de mort, demandée par les proches du suspect, le magistrat dit que cela ne relève pas de ses compétences. « Peine de mort ou pas, c’est à la cour d’Assises de décider seulement de sa condamnation mais non de son exécution », s’exprime-t-il.
Mohamed Abdou a, à l’occasion, revenu sur le meurtre de jeune calciné à Mbadjini il y’a deux mois de cela. Il a salué la maturité des deux villes qui a contribué à éviter un bain de sang mais aussi à appréhender les suspects qui sont en garde à vue.
A.O Yazid
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