La Gazette

des Comores

Migrants L'hôtel Al Amal transformé en « prison »

Migrants  L'hôtel Al Amal transformé en « prison » © : HZK-LGDC

L'hôtel du gouvernement sis à Mutsamudu détient 21 migrants malgaches qui tentaient de rentrer à Mayotte par Kwassa au départ de Madagascar. Sur les lieux, les gendarmes surveillent 20 migrants et selon une information de l'établissement, un migrant est hospitalisé.


Ce mardi, une vingtaine de migrants sont appréhendés par la Garde-Côte comorienne tentant de rallier l’île sœur de Mayotte depuis Madagascar. Les passeurs ayant tenté d'assurer le transbordement se trouvent actuellement aux mains de la justice comorienne et placés en mandat de dépôt à Koki à l'heure où nous mettions sous presse cette information. « Le risque est grand. Ils ont fait 300 km en Kwassa avant d'échouer à Jimilime et être capturés par la garde-côtes comorienne », indique une source proche du dossier. Après un passage au parquet de la république, les passeurs se trouvent actuellement à Koki.

L’île d’Anjouan abrite à l'heure actuelle plus de 70 migrants clandestins. On peut citer les 56 africains dont trois ont pu s'évader avec la complicité de 8 policiers depuis début novembre dernier. Ces derniers sont gardés à l'école nationale de police de Patsy. A ce chiffre s’ajoute les 21 migrants qui se trouvent à l’hôtel Al Amal depuis la semaine dernière. Tous, hommes, femmes et enfants africains et malgaches qui tentent de se rendre à l'île Mayotte. On peut dire qu'en un mois, la garde-côte a pu intercepter 77 migrants dans l'île d'Anjouan. 

Sur place, on s’interroge aussi sur le cas de l’Hôtel Al Amal, un patrimoine touristique transformé en un lieu de détention. Si on attrape d'autres migrants dans les jours à venir, on va peut-être louer une maison ou les placer aux logements du site universitaire de Patsy, construit depuis et utilisé une fois pour loger les élèves du feu lycée d'excellence d'Anissi Chamsidine. 

Pour aller un peu plus loin dans cette histoire, on a tenté de joindre au téléphone le procureur de la République, mais en vain. Y-a-t-il des comoriens dans ce marché des migrants ? Pourquoi ces derniers n’opèrent qu'à l'île d'Anjouan, devenue une passoire vers Mayotte ? Sans doute la proximité, avec un bras de mer de moins de 70 km qui les sépare.

Nabil Jaffar

 

 


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